Mexique : la mort d’un grand parrain de la drogue déclenche un déferlement de violences
C’est un événement majeur qui a mis le feu aux poudres. Ce dimanche 22 février, Nemesio Oseguera, alias « El Mencho », chef de l’un des plus gros cartels de la drogue au Mexique a été tué par l’armée mexicaine. Sept de ses gardes du corps ont également perdu la vie. « Les Etats-Unis ont fourni un soutien en matière de renseignement au gouvernement mexicain afin de l’aider dans une opération […] au cours de laquelle Nemesio + El Mencho + Oseguera a été éliminé », a indiqué la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, sur le réseau X.
De son côté, le sous-secrétaire d'État américain, Christopher Landau, a estimé que la mort du narcotrafiquant constituait « une grande victoire pour le Mexique, les États-Unis, l'Amérique latine et le monde entier ».
Le dernier des grands parrains de la drogue au Mexique
À 59 ans, il dirigeait le Cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG) et figurait parmi les narcotrafiquants les plus recherchés par le Mexique et les États-Unis. Il était considéré comme le dernier des grands parrains depuis l’arrestation des fondateurs du cartel de Sinaloa, Joaquín Guzmán « El Chapo » et Ismael « Mayo » Zambada, incarcérés aux Etats-Unis. Le pays présidé par Donald Trump offrait 15 millions de dollars pour sa capture.
Une flambée de violences
Depuis cette élimination, le pays d’Amérique du Nord est en proie à un déferlement de violences. Des manifestations et des actions incendiaires ont éclaté dans une vingtaine d’États, orchestrées par des hommes suspectés d’appartenir au CJNG : magasins, camions et entreprises incendiés, routes bloquées. Au total, 229 barrages routiers ont été recensés dimanche, dont 90 % ont été levés en soirée. L’organisation criminelle la plus influente du pays souhaite ardemment venger la mort de son fondateur « El Mencho ».
« Des individus armés sont arrivés, j'ai vu le pistolet et ils nous ont dit de sortir, nous sommes sortis et ils avaient une voiture avec les portes ouvertes. J'ai pensé qu'ils allaient nous kidnapper, j'ai couru vers un stand de tacos » pour m'y réfugier, indique à l'AFP Maria Medina, employée d'un magasin de proximité incendié à Guadalajara, capitale de Jalisco.
Le Quai d’Orsay appelle ses ressortissants à la plus « grande prudence »
À l’aéroport international de Guadalajara, des témoins ont relevé un « climat de chaos »,avec des passagers courant sur le tarmac et laissant leurs bagages pour se réfugier, alors que des coups de feu étaient tirés, non loin des installations. Plusieurs compagnies aériennes nord-américaines ont annulé des dizaines de vols vers plusieurs villes mexicaines.
La présidente Claudia Sheinbaum a appelé sur X la population à rester « informée et calme ». Face à cette situation, la France a appelé ses ressortissants à la « plus grande prudence » et « à rester confinés ». Les États-Unis ont exhorté ses concitoyens vivant dans plusieurs zones du Mexique à se « mettre à l’abri jusqu’à nouvel ordre », compte tenu de la montée des violences. Les violences en lien avec les cartels ont provoqué la mort de plus de 450 000 personnes et causé plus de 100 000 disparus depuis 2006 au Mexique, d’après les chiffres officiels.