Insécurité à Marseille : Orange propose la relocalisation de 300 postes de travail
Moins de deux semaines après la fermeture temporaire de ses locaux du 3e arrondissement de Marseille, le groupe de télécommunications a confirmé qu'une partie de ses effectifs ne réintégrera pas les bureaux. La direction a tranché en faveur de la protection de ses collaborateurs face à une menace devenue trop tangible.
Le 7 janvier dernier, la découverte de plusieurs impacts de tirs sur la façade, avait provoqué une onde de choc parmi les 1 000 salariés du site. Si la préfecture de police a précisé que les faits s’étaient vraisemblablement produits « en dehors des heures ouvrables », l'incident a suffi pour sceller le sort d'une partie des équipes.
Une évacuation massive du personnel administratif
Face à l'urgence, la direction a mis en place un plan de départ immédiat pour les fonctions supports. Au total, ce sont 300 employés qui sont invités à quitter définitivement les lieux. Selon un porte-parole du groupe cité par Ici Provence, ces collaborateurs se voient proposer plusieurs options : rejoindre d'autres sites de l'entreprise, s'installer dans des espaces de coworking ou basculer en télétravail.
« L’objectif aujourd’hui, c’est la sûreté et la sécurité des salariés », a martelé la direction. Le bâtiment, situé dans le quartier Saint-Mauront, se trouve au cœur d'une zone classée parmi les plus pauvres de France, où les tensions n'ont cessé de croître ces derniers mois.
« J’allais au travail la peur au ventre »
L'incident de janvier n'est malheureusement pas isolé. Le site avait déjà fermé ses portes le 27 novembre dernier en raison d'une « montée des tensions » locale. L'insécurité du site Orange Saint-Mauront était dénoncée de longue date par les syndicats, notamment la CFE-CGC, qui pointaient du doigt la multiplication des « bagarres » et l'installation de points de deal à proximité immédiate des bureaux.
Pour les employés, le quotidien était devenu anxiogène. Mireille, une salariée interrogée par 20 Minutes, confie son soulagement de ne plus avoir à s'y rendre : « J’allais au travail la peur au ventre ». Elle décrit des « regards méchants » et des attroupements hostiles.
Le maintien sous surveillance des équipes techniques
Si le personnel administratif plie bagage, tout le monde ne peut pas partir. Environ 200 techniciens sont contraints de rester sur le site pour assurer la maintenance essentielle des infrastructures réseaux. Pour l'entreprise et les autorités, l'enjeu est désormais d'assurer la protection des techniciens qui continueront de fréquenter la zone. Ils bénéficieront d'un « dispositif de sécurité adapté », assure le groupe.
Sébastien Crozier, délégué CFE-CGC, se veut rassurant sur BFMTV, précisant que « la plupart » de ces techniciens « viennent en voiture et travaillent en sous-sol », une configuration qui « minimise les risques » d'exposition aux violences de rue. En parallèle, la préfète de police des Bouches-du-Rhône, Corinne Simon, a annoncé un renforcement musculaire de la présence des forces de l'ordre, incluant une augmentation des rondes et « une garde statique aux heures d’entrée et de sortie du site ».