Catherine Laborde : son mari Thomas Stern raconte l’épuisement et les nuits d’angoisse
Un an après la disparition de Catherine Laborde, son mari, le philosophe Thomas Stern, brise le silence sur l’épuisement extrême qu’il a traversé en tant qu’aidant. Dans un témoignage poignant, il revient sur l’impact dévastateur de la maladie à corps de Lewy : perte progressive du langage, crises hallucinatoires, nuits sans sommeil… Un récit intime et glaçant, relayé par Gala.fr, qui met en lumière une réalité souvent invisible.
Maladie à corps de Lewy : l’effondrement de la communication dans le couple
Pour ce couple d’intellectuels, habitué à l’échange et à la vivacité d’esprit, la maladie a frappé au cœur même de leur relation : la parole. Catherine Laborde, atteinte d’un trouble mêlant des symptômes proches d’Alzheimer et de Parkinson, voyait peu à peu les mots lui échapper. Une souffrance immense pour Thomas Stern, qui évoquait déjà en 2022 sur le plateau de Ça commence aujourd’hui cette “déroute” intime face à l’impossibilité de dialoguer comme avant.
Hallucinations, somnambulisme : l’aidant face à l’angoisse et au danger
Mais au-delà du silence, le quotidien s’est parfois transformé en véritable cauchemar. Thomas Stern raconte avoir été confronté à des crises hallucinatoires impressionnantes, où l’ancienne présentatrice météo semblait devenir “quelqu’un d’autre”, avec une voix et des réactions méconnaissables. Des scènes violentes, déroutantes, qui l’ont plongé dans une hypervigilance permanente, notamment la nuit, entre peur d’une chute, d’une fugue ou d’un épisode incontrôlable.
“Je ne dormais plus” : le piège de l’épuisement total
Ce climat d’angoisse a fini par grignoter sa propre santé. Thomas Stern confie avoir vécu un épuisement extrême, typique de ce que l’on appelle le “syndrome de l’aidant”, une réalité qui touche des millions de Français. Pris dans un engrenage entre devoir, amour et culpabilité, il décrit une fatigue chronique et une solitude mentale, comme si son existence entière s’était réduite à tenir, coûte que coûte, sans filet.
Un témoignage qui dépasse leur histoire
En se livrant aujourd’hui, Thomas Stern ne raconte pas seulement l’intimité d’un couple brisé par la maladie : il alerte sur un phénomène de société. Derrière la douleur de la perte, son récit rappelle que les aidants familiaux peuvent eux aussi basculer, parfois dangereusement, dans le burn-out. Et malgré l’horreur de certains épisodes, une chose, dit-il, n’a jamais cédé : l’amour, cette volonté de “s’entêter à aimer” jusqu’au bout, même dans la difficulté la plus extrême.
Source : Gala.fr