Muriel Robin - Confession intime sur la perte de mémoire de sa mère

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 23/02/2026
Muriel Robin révèle avoir voulu tuer sa mère malade d’Alzheimer : "J'étais très malheureuse"
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Invitée de l'émission "Les Rencontres du Papotin", l'humoriste a livré un témoignage poignant sur le lent naufrage de sa mère, atteinte de la maladie d'Alzheimer.

Connue pour son énergie débordante et son humour incisif, Muriel Robin a dévoilé une facette beaucoup plus vulnérable de sa personnalité ce samedi. Face aux questions sans filtre des journalistes atypiques de France 2, la comédienne est revenue sur l'une des épreuves les plus marquantes de sa vie : la fin de vie de sa mère, Aimée. Un prénom lourd de sens pour l'artiste, qui a dû affronter la disparition progressive de celle qui lui a donné la vie, rongée par la maladie d'Alzheimer.

Une sincérité désarmante face aux journalistes

Le cadre des Rencontres du Papotin est propice aux confidences que l'on ne livre nulle part ailleurs. Loin des plateaux de promotion traditionnels, Muriel Robin s'est retrouvée face à une rédaction composée de journalistes porteurs de troubles du spectre autistique. Cette atmosphère singulière, faite de spontanéité et de bienveillance brute, a poussé l'artiste à abandonner ses masques habituels. D'ordinaire pudique sur sa sphère privée, l'humoriste s'est laissée porter par la vérité du moment. C'est une interrogation simple mais directe sur sa relation maternelle qui a agi comme un déclencheur, libérant une parole rare sur la souffrance accompagnant la maladie.

Un deuil impossible du vivant de l'autre

Pour la comédienne, la maladie d'Alzheimer ne se résume pas à une perte de mémoire, c'est une véritable érosion de l'être aimé. Elle décrit avec justesse ce phénomène de "deuil blanc", cette souffrance particulière d'aimer quelqu'un qui est là sans l'être vraiment. « Ma mère a eu la maladie d'Alzheimer. C'est un deuil qui dure longtemps parce que la personne est là physiquement, mais elle n'est plus là dans sa tête », confie-t-elle avec émotion aux journalistes du Papotin. Cette situation a forcé Muriel Robin à une transformation radicale du lien filial : celle qui était la fille est devenue la protectrice, assistant impuissante à l'effacement de la figure maternelle, devenue presque une étrangère familière.

Le traumatisme de la rupture mémorielle

Le moment le plus glaçant de cet entretien reste l'évocation du jour précis où le lien s'est brisé. L'humoriste raconte cette étape charnière, vécue comme un véritable traumatisme, où sa mère ne l'a plus reconnue. « C'est très difficile de regarder quelqu'un qu'on aime et de voir qu'il ne vous voit plus », explique-t-elle. Cette violence de l'oubli laisse un sentiment de solitude absolue.

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Dans ce naufrage, Muriel Robin n'était heureusement pas seule. Elle a pu compter sur ses deux sœurs, Niquette et Martine, formant avec elles un bloc soudé pour affronter la tempête. Elle se souvient avec tendresse que l'un des derniers vestiges de la personnalité de sa mère résidait dans sa collection impressionnante de chaussures, ultime trace d'une coquetterie que la maladie tentait d'effacer.

Une épreuve fondatrice pour l'artiste

Ce drame intime a profondément coloré la carrière de Muriel Robin. Si elle a longtemps utilisé l'humour comme un bouclier, tentant parfois d'arracher un dernier rire à sa mère malade, cette expérience l'a poussée vers des rôles plus dramatiques au théâtre et au cinéma. Aujourd'hui, en choisissant de briser le silence sur cette "perte de mémoire", elle souhaite lever le tabou qui entoure encore trop souvent les familles touchées par Alzheimer. Une manière aussi pour l'actrice d'apprivoiser ses propres peurs liées au vieillissement et à la fin de vie, transformant une douleur passée en un puissant message de transmission.

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