Lait infantile contaminé : enquêtes après le décès de deux bébés

Publié par Matthieu Chauvin
le 23/01/2026
Biberon bébé
Istock
Suite à l'ouverture d'une deuxième enquête judiciaire après le décès d'un nourrisson près d'Angers, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a affirmé que "tous les lots concernés" de lait infantile Guigoz et Nidal ont été retirés de la vente. Quelles suites judiciaires va entraîner cette terrible affaire sanitaire ?

L'angoisse monte d'un cran pour les jeunes parents. Alors que la polémique enfle autour des laits infantiles du groupe Nestlé, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, est montée au créneau pour rassurer les familles sur le retrait total du lait infantile contaminé. Cette prise de parole intervient dans un contexte dramatique, marqué par l'ouverture d'une seconde information judiciaire suite au décès suspect d'un nouveau-né, révèle TV5 Monde.

Ce mardi, les autorités sanitaires et judiciaires tentent de faire la lumière sur ce drame sanitaire potentiel, tandis que la déclaration de Stéphanie Rist vise à garantir qu'aucun produit dangereux ne reste en rayon. Voici ce qu'il faut savoir sur l'avancée des investigations et les risques pour votre enfant.

Deux parquets saisis pour faire la lumière

La justice accélère le pas. Après Bordeaux, c'est au tour du parquet d'Angers d'ouvrir une enquête pour "recherche des causes de la mort." Cette procédure fait suite au décès d'une petite fille de 27 jours, survenu le 23 décembre 2025. Selon le procureur de la République d'Angers, Éric Bouillard, cité par Le Parisien, la mère du nourrisson a signalé aux enquêteurs qu'elle possédait une boîte de lait Guigoz faisant partie des lots incriminés.

Ce drame s'ajoute à celui de Bordeaux, où le procureur Renaud Gaudeul a ouvert une enquête pénale après la mort, le 8 janvier, d'un bébé né à Noël qui avait consommé du lait rappelé entre le 5 et le 7 janvier. Si la piste est jugée "sérieuse" par les magistrats, cette enquête doit encore déterminer s'il existe un lien de causalité formel. Pour l'heure, comme le précise Éric Bouillard, il est "beaucoup trop tôt pour dire que c'est la piste principale."

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La piste bactérienne et l'origine du défaut

Au cœur de l'inquiétude se trouve une bactérie spécifique : Bacillus cereus. Le groupe Nestlé a justifié le rappel massif de ses produits Guigoz et Nidal par une "possible contamination" pouvant générer la toxine céréulide dans le lait infantile. Cette substance est redoutée pour sa capacité à provoquer des troubles digestifs sévères, allant de vomissements intenses à des diarrhées aiguës.

L'origine de ce défaut qualité a été identifiée par l'industriel : il s'agirait d'une huile riche en acide arachidonique (ARA) fournie par un tiers. Si les premières analyses réalisées à Bordeaux n'ont pas révélé la présence de la bactérie elle-même, des investigations plus poussées sont en cours. Les experts cherchent désormais directement la trace de la toxine, une analyse plus complexe et longue, pour confirmer ou infirmer le lien avec les décès.

Vérifier vos boîtes et agir sans attendre

Face à cette incertitude, le principe de précaution est absolu. Si vous avez récemment acheté du lait en poudre pour votre bébé, la vigilance est de mise. Pour savoir si le rappel vous concerne et quoi faire, vous devez impérativement comparer le numéro de lot inscrit sous la boîte avec la liste officielle disponible sur le site gouvernemental Rappel Conso ou sur le site de Nestlé.

Si vous détenez l'un de ces produits, ne l'utilisez surtout pas. Rapportez-le à votre pharmacie ou en grande surface pour obtenir un remboursement. Parmi les conseils aux parents ayant potentiellement du lait faisant l'objet du rappel, les autorités sanitaires insistent : en cas de doute ou si votre enfant présente des symptômes digestifs brutaux après un biberon, consultez immédiatement un médecin en mentionnant cette alerte.

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