Cartes cadeaux : pourquoi il faut se méfier avant d'en acheter ?

Publié par Matthieu Chauvin
le 26/01/2026
Carte cadeau
Istock
Offrir ou recevoir une carte cadeau semble être une solution idéale. Pourtant, des pièges insoupçonnés, souvent dissimulés dans les conditions générales de vente, peuvent rendre son utilisation cauchemardesque. Découvrez les trois règles essentielles qui font la différence entre un présent réussi et de l'argent gaspillé.

C'est un marché qui se compte en milliards d'euros et qui ne cesse de croître chaque année. La carte cadeau s'est imposée comme l'un des présents favoris des Français, plébiscitée pour sa simplicité et la liberté qu'elle est censée offrir. Mais cette liberté est parfois toute relative. 60 Millions de Consommateurs en a fait le constat.

Derrière la promesse de pouvoir "tout s'offrir", la réalité est souvent plus nuancée. Il n'est pas rare de se retrouver devant son écran, panier rempli, avec l'impossibilité de valider sa commande. Ce n'est pas un bug informatique, mais bien l'application stricte de règles commerciales méconnues qui transforment un cadeau généreux en parcours du combattant. Voici pourquoi votre carte cadeau ne fonctionne pas toujours comme vous l'espériez.

Pourquoi certains articles vous sont-ils interdits ?

Vous pensiez pouvoir utiliser votre carte sur l'intégralité du site de votre enseigne préférée ? C'est le premier piège. De plus en plus de grandes enseignes développent ce qu'on appelle une marketplace (place de marché), où des vendeurs tiers proposent leurs produits. Or, la majorité des cartes cadeaux émises par une enseigne ne sont valables que sur les produits "vendus et expédiés" par cette même enseigne.

L'association prend l'exemple de Jacques, qui bénéficiait de 200 euros à dépenser chez Sarenza.com : "Sarenza refuse systématiquement les achats de ma fille à l’aide de ce bon cadeau, sous divers prétextes" s'agace-t-il. Et précise : "Chez Maisons du monde, par exemple, moins de 10 % des canapés et meubles sont vendus et expédiés par l’enseigne. Chez Leroy Merlin, la carte cadeau n’est d’ailleurs utilisable qu’en magasin, ce qui coupe court à tout achat envisagé chez un vendeur tiers sur le site."

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Cette distinction est cruciale. L'argent chargé sur la carte est encaissé par l'émetteur (l'enseigne principale). Pour des raisons de flux financiers complexes, il est souvent impossible de transférer ces fonds vers un vendeur tiers. C'est cette subtilité technique qui impose une restriction d'utilisation de la carte cadeau sur la marketplace, laissant souvent l'acheteur frustré de ne pas pouvoir acquérir le produit convoité, pourtant affiché sur le même site web.

Solde perdu et livraison : quels sont les coûts cachés ?

Le deuxième écueil concerne la gestion de votre solde. Avez-vous déjà remarqué que certaines cartes doivent être dépensées en une seule fois ? Cela découle souvent de la directive européenne transposée en droit français distinguant les "bons à usage unique" (BUU) des "bons à usages multiples" (BUM) pour des raisons de TVA. Pour le consommateur, cette distinction fiscale a des conséquences lourdes : si vous effectuez un achat de 80 euros avec une carte de 100 euros non fractionnable, les 20 euros restants sont définitivement perdus. L'enseigne ne rend pas la monnaie et ne reporte pas le crédit.

60 Millions de Consommateurs reprend le cas de Sarenza.com : "C’est encore une fois le cas chez Sarenza, champion en matière de contraintes. Bien qu’il s’agisse d’une carte dématérialisée, elle ne peut être utilisée qu’en une seule fois. Aussi, si vous offrez un bon d’achat à dépenser sur cette plateforme, mieux vaut privilégier des petits montants quitte à les cumuler. Plusieurs cartes de 15 ou 30 euros à écouler dans l’année sont ainsi plus facilement utilisables qu’une carte de 200 euros !"

Autre point de vigilance : les frais de port. La carte cadeau est considérée comme un moyen de paiement et non comme une réduction commerciale. Par conséquent, si la livraison est offerte dès 50 euros d'achat, et que vous payez un article de 50 euros intégralement avec votre carte, le système peut considérer que le montant "payé" (hors carte) est de zéro. À moins que cela ne soit clairement stipulé dans les conditions générales de vente de la carte cadeau, la livraison gratuite peut ne pas s'appliquer, vous obligeant à sortir votre carte bancaire pour régler les frais d'expédition.

Attention à l'utiliser à temps !

Enfin, ne tardez pas. Concernant la validité et l'expiration de la carte cadeau, la législation est souple : si certaines cartes sont valables un an, d'autres peuvent expirer plus vite, et les fonds non réclamés sont rarement récupérables, sauf geste commercial. Comme le souligne 60 Millions de Consommateurs, il est impératif de lire les mentions légales inscrites au dos de la carte ou sur le livret d'accompagnement avant de passer en caisse.

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