La vie d'infirmier peut-être très touchante. Même si le travail est dur, une histoire affective peut se nouer avec les patients… Moins avec les familles, cela dit. Témoignage.
Coronavirus : "Les familles en visite sont devenues incroyablement agaçantes"AFP

"Cet été, je le crains, il va falloir s'attendre à des surprises", alertait cet infirmier en gériatrie, contacté parPlanet en juillet 2020. Quelques mois après la fin du confinement décidé par Emmanuel Macron, il lui semblait important de rappeler combien la situation était précaire. Certes, les chiffres d'alors semblaient encourageants. Le nombre de mort, mais aussi de nouveaux cas, reculait. "C'est comme si la maladie n'existait plus. Or c'est loin d'être le cas", s'agaçait-il à l'époque.

Au final, les chiffres lui donnent aujourd'hui raison : tant et si bien que les autorités ont dû multiplier les messages à l'adresse des Françaises et des Français, les encourageants à "se ressaisir" pour éviter la "seconde vague qui semble se préciser", écrit L'Internaute. Sans oublier la rentrée des classes qui inquiète plus d'un parent. Ce qui ne signifie pas que, sur le terrain, la situation ait changé. Difficile de dire de la France qu'elle est prête à encaisser l'impact d'une nouvelle houle. 

"Nous n'avons plus de patients malades du Covid-19", explique d'entrée de jeu l'infirmière en gériatrie, qui exerce toujours à La Robertsau, à Strasbourg. Une seconde fois, il s'attarde sur son quotidien pour Planet. "Aujourd'hui, dans notre établissement, c'est un peu comme si rien de tout cela n'avait existé. La situation est la même qu'auparavant, rien n'a changé. Une fois la crise passée, le personnel soignant est oublié", prévient-il. Il grince des dents. "On a pas le choix, on sert les fesses."

Jeu de bonneteau et enfer des affectations

"Parce qu'on est en flux tendu en permanence, certains de mes collègues qui devaient être mutées ne l'ont finalement pas été. Elles avaient pourtant obtenu leur poste ailleurs, mais le service a décidé de les retenir, sans prendre la peine de les avertir au préalable", raconte l'infirmier, qui explique aussi que le manque de personnel n'est pas sans impact sur la qualité de leur travail.

"Outre les points évidents que je ne vais pas mentionner, il faut savoir que nous sommes parfois affectés à d'autres services, pour aller donner un coup de main quand c'est possible. Il arrive qu'on nous demande de faire ce que l'on sait faire, bien sûr, mais parfois on se retrouve à travailler sur des cas qui sortent de notre champ d'expertise…", précise-t-il encore, non sans souligner la fatigue physique que peuvent aussi engendrer ces choix de la direction. Et les conséquences que cela peut avoir.

Et pourtant, si l'infirmier - qui exerce depuis bien des années, désormais - a déjà réfléchi à partir, il confie n'avoir aucune envie de le faire. Au contraire, même.

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