Ces derniers mois, plus d'une dizaine de chevaux ont été retrouvés morts dans leur pré, l'oreille droite coupée. Qui peut bien en vouloir à ces animaux ? Si le responsable n'a pas été appréhendé, son mode opératoire est toujours le même.
Chevaux mutilés et tués : ce que l'on saitIllustrationIstock

Les défenseurs des animaux se réveillent chaque jour en plein cauchemar. Depuis plusieurs mois, les mêmes titres font la une des publications locales : "Un cheval retrouvé mort, l’oreille coupée", "Un cheval sauvagement mutilé et laissé mort", etc.

À chaque fois, les actes de cruauté sont les mêmes, ou presque. Samedi 8 août, ce sont les propriétaires d’un élevage de chevaux de Saône-et-Loire qui ont fait l’horrible découverte au matin, rapporte France 3 Bourgogne-Franche-Comté. Auprès de la chaîne de télévision, ils racontent comment une de leurs pouliches, âgée de 18 mois, a été mutilée puis tuée : "A priori, elle a été attrapée au lasso puisqu’il y avait des marques. Elle a été poignardée au cœur. Elle a une oreille coupée. Ils lui ont enlevé un œil et tout l’appareil génital".

Une oreille coupée post-mortem

Comme le rappelle France 3 Bourgogne-Franche-Comté, une douzaine d’affaires similaires sont désormais en cours d’investigation par les forces de l’ordre. A chaque fois, les chevaux ont été retrouvés avec la même caractéristique morbide, une oreille coupée post-mortem puis emportée comme un trophée. Selon franceinfo, la gendarmerie nationale prend ses actes de cruauté très au sérieux et a diffusé une note à ses compagnies précisant les mesures d’enquête devant être prises dès qu’un cas similaire se présente. Les enquêteurs doivent par exemple demander au procureur de solliciter une nécropsie, c’est-à-dire un examen post-mortem sur les animaux. Les causes de la mort sont parfois visibles, car les chevaux ont été égorgés, éventrés ou étranglés.

Les enquêteurs doivent désormais mettre la main sur le ou les responsables de ces actes barbares, mais ils ne parviennent pas à trouver une logique aux différentes découvertes. Elles ont pourtant plusieurs points communs…

Des crimes qui ont lieu la nuit

Les équidés sont la cible de ces tueurs, mais la comparaison s’arrête là. Comme le rappelle franceinf o, les animaux retrouvés ne sont pas de la même race et n’ont pas non plus une apparence similaire. Un trotteur, des juments, des poneys et même un âne ont été tués ces derniers mois ! Le seul point commun entre ces victimes se trouve dans leur nature : très sociables, ils ne craignaient pas l’homme.

Si le nombre de cas s’est multiplié ces derniers mois, des affaires similaires existeraient en France depuis 2018 selon une source proche du dossier et citée par franceinfo. La France n’est pas le seul pays touché, puisque des cas similaires ont été répertoriés en Allemagne et en Belgique, selon cet interlocuteur. Ces crimes contre les équidés ont eu lieu majoritairement dans le nord du pays, mais dans des départements qui ne sont pas forcément proches les uns des autres : les Yvelines, la Moselle, l’Aisne, la Seine-Maritime, l’Oise, la Somme, etc. Une chose ne change jamais : ils ont lieu la nuit.

Le responsable agit-il tout seul ou fait-il partie d’un groupe ? Quelles sont ses motivations ? Aujourd’hui, les enquêteurs tentent de comprendre ce qui l'anime et évoquent la piste du rite satanique…

La piste satanique ?

La résolution de ces affaires est importante, au point que le Service central du renseignement territorial se soit penché sur la question, explique Le Parisien. Dans une note consultée par le quotidien francilien, il est expliqué qu’il y a "une véritable volonté de porter atteinte aux équidés de manière générale tout en gardant une oreille en trophée". "Des questions se posent sur leurs auteurs et leurs réelles intentions : superstition, fétichisme, rituel satanique, sectaire ou autre", ajoutent les auteurs.

Les services de renseignement sont sûrs d’une chose : les personnes qui infligent ces sévices aux équidés les connaissent bien et savent les manipuler. "Les traces constatées sur les naseaux laissent présumer l’utilisation d’un tord-nez, accessoire demandant à son utilisateur des connaissances et des compétences dans le monde équestre pour le manipuler avec efficacité", est-il écrit dans la note consultée par Le Parisien. Seule l’arrestation du ou des auteurs de ces actes permettra de faire toute la lumière sur les différentes affaires. En attendant, les propriétaires de chevaux, professionnels de la filière et agriculteurs appellent à la vigilance.

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