Ces 6 pays de l’Union européenne où vous ne pouvez pas payer en euros
Depuis le 1er janvier 2023, la zone euro comptait officiellement vingt membres avec l'intégration de la Croatie. Pourtant, l'Union européenne est constituée de vingt-sept États. Sept pays continuaient donc d'utiliser leur propre devise en 2025. Retour sur l'arrivée de la monnaie unique sur le Vieux continent, aujourd'hui utilisée par 341 millions de citoyens.
Une naissance officielle avant que sonnent les espèces
Le grand public retient souvent le 1er janvier 2002, date à laquelle les Francs ont cessé d'être disponibles dans les distributeurs automatiques. Pourtant, l'année d'entrée en vigueur de l'euro sur les marchés financiers est bien 1999. À cette date précise, la devise devient la monnaie officielle sous forme scripturale (chèques, virements, cartes bancaires) pour les 11 pays fondateurs de la zone euro en 1999. Parmi ces pionniers, on retrouve l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Portugal. Ce décalage a permis aux marchés de s'adapter avant l'arrivée physique de la monnaie trois ans plus tard.
Renforcer le poids de l'Europe face au dollar
Cette union monétaire ne s'est pas faite par hasard. Elle découle du Traité de Maastricht signé en 1992, acte fondateur de l'Union économique et monétaire (UEM). La principale raison de la création de la monnaie unique était double : économique et politique. Il s'agissait de supprimer les risques et les coûts de change pour fluidifier le marché intérieur, mais aussi d'offrir à l'Europe une stabilité monétaire capable de rivaliser avec le dollar américain. Pour piloter cette ambition, la Banque centrale européenne (BCE) a été instituée dès 1998 afin de garantir la politique monétaire commune, rappelle La Finance pour tous.
De 11 à 21 membres : une zone en expansion
Depuis ses débuts, le club s'est considérablement agrandi. La liste des pays ayant adopté l'euro s'est allongée au fil des vagues d'adhésion successives, intégrant la Grèce en 2001, puis la Slovénie, Chypre, Malte, la Slovaquie et les États baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie). Le mouvement se poursuit encore aujourd'hui. Le 1er janvier 2023, la Croatie est devenue le 20e membre officiel, abandonnant la kuna pour rejoindre l'union monétaire.
Mais une nouvelle nation vient d'adopter l'euro comme monnaie unique en 2026, faisant passer les membres de la zone à 21. Découvrez-la dans notre diaporama ci-dessous, ainsi que les 6 qui résistent toujours à l'envahisseur.
Le Danemark : la couronne danoise
Le Danemark est le seul État à bénéficier d'une exemption légale formelle, appelée "opt-out", négociée lors du traité de Maastricht. Copenhague n'a donc aucune obligation d'adopter la monnaie unique, une position validée par référendum.
La Hongrie : le forint
Bien que légalement contrainte d'adopter l'euro à terme, la Hongrie fait preuve d'un enthousiasme limité. Ce pays privilégie sa souveraineté monétaire et a fait le choix politique de ne pas engager le processus du MCE II. Cette stratégie lui permet de retarder indéfiniment l'échéance, les dirigeants et l'opinion publique préférant conserver le contrôle de leur politique économique via leur monnaie nationale.
La Pologne : le zloty
La Pologne adopte la même stratégie que la Hongrie et souhaite conserver sa monnaie, le zloty.
La Roumanie : le leu
La Roumanie, de son côté, accuse un retard important dans la stabilisation de ses indicateurs économiques et doit poursuivre ses réformes avant d'espérer fixer une date d'entrée réaliste et satisfaire les stricts critères de convergence de Maastricht nécessaires à l'adoption.
La République Tchèque : la couronne tchèque
La République Tchèque adopte la même stratégie que la Hongrie et la Pologne et souhaite conserver sa monnaie : la couronne tchèque.
La Suède : la couronne suédoise
La Suède, bien qu'elle ne possède pas la exemption officielle que le Danemark, applique un "opt-out de facto". En refusant délibérément de participer au mécanisme de taux de change européen II (MCE II), étape obligatoire, Stockholm bloque techniquement son adhésion, respectant ainsi le vote de sa population qui a rejeté la monnaie unique à 56,1 % lors du référendum de 2003.
La Bulgarie... l'euro
Au contraire de la Roumanie, la Bulgarie s'est rapprochée des exigences économiques de l'Union européenne pour devenir éligible au passage à l'euro. C'est donc la 21e nation à l'adopter depuis le 1er janvier 2026, abandonnant son ancienne monnaie, le lev, que connaissent bien les cruciverbistes.