Affaire Deranque : LFI face à de lourdes mises en cause judiciaires

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 18/02/2026
MATHILDE PANOT
abacapress
L’enquête sur la mort du militant Quentin Deranque connaît un tournant avec la mise en cause de Robin Chalendard, second assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault suspecté dans ce dossier.

Les investigations se poursuivent après le drame survenu à Lyon en juillet 2024. Alors que la justice s'intéresse de près à la mouvance antifasciste locale, un nouveau nom proche du pouvoir législatif vient s'ajouter à la liste des suspects. Cette instruction met une nouvelle fois en lumière les liens controversés entre certains élus et des groupes militants radicaux.

L’interpellation de Robin Chalendard : un nouveau collaborateur dans le viseur

Les policiers ont procédé à une nouvelle interpellation significative dans ce dossier. Robin Chalendard, identifié comme collaborateur parlementaire, a été placé en garde à vue. Il s'agit du deuxième membre de l'équipe du député du Vaucluse, Raphaël Arnault, à être inquiété par la justice dans cette affaire d'homicide.

Connu sous le pseudonyme de "Robin Michel", ce suspect exerce ses fonctions auprès de l'élu La France insoumise tout en militant activement au sein de la Jeune Garde, un mouvement antifasciste lyonnais. Sa position au cœur de l'appareil législatif interroge sur la perméabilité entre l'institution et le militantisme de rue.

Selon des sources policières rapportées par Le Parisien, cette arrestation porte à onze le nombre total de personnes interpellées (huit hommes et trois femmes) depuis l'ouverture de l'information judiciaire. L'enquête s'élargit désormais bien au-delà des auteurs directs des coups pour démanteler l'ensemble du réseau impliqué.

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Décryptage : des accusations de dissimulation et d'aide à la fuite

Contrairement à d'autres protagonistes du dossier, Robin Chalendard ne semble pas avoir porté les coups fatals. Le parquet de Lyon le vise spécifiquement pour « soustraction d’un criminel à l’arrestation ou aux recherches » et « association de malfaiteurs ». Il lui est reproché d'avoir joué un rôle logistique déterminant après les faits.

Le drame remonte à une soirée de juillet 2024, en marge d'une conférence politique à Lyon. Quentin Deranque, étudiant de 23 ans et militant nationaliste, avait succombé à un grave traumatisme crânien après un violent affrontement. La violence de l'agression avait immédiatement saisi l'opinion publique.

Les enquêteurs cherchent à déterminer si l'assistant parlementaire a aidé les principaux agresseurs à prendre la fuite ou à se cacher des services de police juste après le lynchage de la victime. L'article 434-6 du Code pénal punit sévèrement ces agissements, prévoyant jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende pour quiconque entrave l'action de la justice en protégeant des criminels.

Une pression politique accrue sur le député Raphaël Arnault

Ce nouveau rebondissement place Raphaël Arnault dans une position particulièrement délicate. Le député avait déjà dû réagir publiquement lors de la mise en examen de son premier assistant, Jacques-Élie Favrot. Il avait alors déclaré sur le réseau social X : « J’ai engagé une procédure pour mettre fin au contrat de mon collaborateur ». Il se retrouve aujourd'hui contraint de justifier un second recrutement problématique au sein de son cabinet parlementaire.

Pour La France insoumise, l'accumulation de ces mises en cause devient un lourd fardeau politique. Les opposants au mouvement de Jean-Luc Mélenchon pointent du doigt une proximité jugée dangereuse avec l'ultra-gauche violente, accusant le parti de cautionner tacitement des profils radicaux.

Sur le plan judiciaire, l'instruction continue de s'orienter vers un procès lourd. Le parquet a confirmé par communiqué que l'enquête est ouverte des chefs d'« homicide volontaire » et « violences aggravées ». L'ensemble des suspects, qu'ils soient auteurs directs ou complices présumés comme les collaborateurs parlementaires, pourraient devoir répondre de la mort de Quentin Deranque devant la cour d'assises.

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