Une réalité qui nous hérisse le poil : l'industrie de la laine est cruelle et sanglante

On leur enfonce les doigts dans les yeux. On les frappe au visage. On leur donne des coups de poings, on les maintient au sol avec le pied et on leur donne des coups de pied, encore et encore.

Vous pourriez penser que je décrivais l'un des affrontements de hooligans qui ont marqué l'Euro 2016, mais il s'agit en fait de ce que subissent les moutons dans les élevages producteurs de laine du monde entier. Ils y sont couramment traités comme des sacs de boxe (et souvent bien pire) afin que le laine puisse être volée et transformée en pull, en écharpe et en doublure de chaussure.

À la différence des hooligans, les moutons dans les élevages sont incapables de se défendre par eux-mêmes, la maltraitance qu'ils subissent est légale et donc ne fait pas les gros titres et ceux qui la perpètrent s'en sortent presque toujours sans encombre.

Au cours de ces deux dernières années, PETA a publié six révélations sur l'industrie de la laine, issues de trois continents. Des enquêtes concernant 39 établissements différents ont révélé que pour leur laine, les moutons y étaient mutilés, frappés et abattus de manière routinière.

Une enquête vidéo récente au sein de deux gros élevages de moutons au Chili a révélé que des travailleurs découpaient et perçaient des trous dans les oreilles sensibles des agneaux, et qu'ils leur coupaient la queue avec un couteau émoussé, le tout sans anesthésie. Les agneaux qui ont été séparés de leur mères, avec qui ils ont un lien très fort, les appelaient en criant et tentaient de sauter par-dessus la barrière pour revenir auprès d'elles. Après avoir été tondus rudement, on laissait les moutons blessés et saignants. L'un des travailleurs a pulvérisé de l'insecticide dans les blessures ouvertes de l'un des moutons, et un autre a égorgé un mouton pleinement conscient. Un animal a été dépecé vivant. Les autorités chiliennes ont refusé d'entamer des poursuites.

Les tondeurs sont couramment payés au volume, ce qui encourage une tonte sans ménagement, un travail à la va-vite sans aucune considération pour le bien-être des moutons. Dans les élevages en Australie (le premier exportateur mondial de laine), les travailleurs utilisaient du fil et une aiguille pour recoudre sommairement les plaies béantes et sanglantes des animaux. L'un des tondeurs s'est tenu debout sur le visage d'un mouton à une dizaine de reprises avant d'arracher l'un des cornes de l'animal. Un autre tondeur a même utilisé le corps d'un mouton comme une serpillère pour essuyer la propre urine de l'animal, sur le dur sol en bois. Les moutons blessés ou non-rentables étaient abattus au fusil et découpés, juste sous les yeux des autres moutons.

Un travailleur d'un élevage de mouton en Argentine a castré un agneau en lui mettant un anneau serré autour du scrotum afin que ses testicules flétrissent et meurent. C'est une méthode extrêmement douloureuse qui peut prendre plusieurs semaines. Dans un ranch aux États-Unis, un tondeur a tordu à plusieurs reprises la nuque d'un mouton, et il a fini par la briser.

Les moutons sont des êtres doux et sensibles qui sont capables de se souvenir du visage d'une cinquantaine de leurs congénères ou des êtres humains. Ils expriment des émotions et peuvent résoudre des problèmes. Les moutons femelles sont des mères attentionnées qui nouent des liens très forts avec leur progéniture. Lorsque les agneaux s'aventurent trop loin, ils reconnaissant leur mère par ses bêlements.

Si nous sommes outrés par la violence, comme la couverture médiatique des incidents de Lille et à Marseille le suggère, nous devons cesser de cautionner la violence à travers nos choix de consommation.

La cruauté fera toujours partie d'une production où les animaux sont traités comme des marchandises. Nous pouvons arrêter de cautionner la maltraitance inhérente à l'industrie lainière en achetant et en portant des tissus sans cruauté. Le coton, le lin, la flanelle, le polyester et les fibres synthétiques font partie des nombreuses alternatives élégantes qui vous tiendront au chaud.

D'ailleurs, savoir qu'aucun animal n'a souffert ni n'est mort pour vos vêtements vous réchauffera bien plus que porter de la laine ne le pourrait jamais.

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