Arrêté mercredi soir à Bois Colombes (Hauts-de-seine) et identifié comme étant l'auteur des coups de feux donnés à Paris et à La Défense, Abdelhakim Dekhar avait déjà été condamné dans les années 1990 dans l'affaire Florence Rey-Maupin. Retour sur ces fusillades mortelles.

© AFP

Les analyses ADN sont formelles. Abdelhakim Dekhar, l'homme arrêté mercredi soir à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine), est bien l'auteur présumé des coups de feu donnés lundi dans les locaux de Libération et à l'entrée du siège de la Société Générale, comme l'a annoncé le parquet peu avant 1 heure du matin dans la nuit de mercredi à jeudi.

Adbelhakim Dekhar, un SDF de 48 ans, est bien connu des services de police : il a en effet été condamné en septembre 1998 à quatre ans de prison pour association de malfaiteurs dans l'affaire Florence Rey-Maupin, qui avait alors marqué l'opinion.

Braquage à Pantin

Les faits partent d'une simple rencontre. En mai 1994, Audry Maupin, étudiant en philosophie de 22 ans, fait la connaissance d'Abdelhakim Dekhar, alors surnommé Toumi et âgé de 28 ans. Les deux jeunes hommes fréquentent les milieux d'extrême-gauche. Rejoints par l'amie de Maupin, Florence Rey, étudiante en lettres de 19 ans, les protagonistes braquent la pré-fourrière de Pantin (Seine-Saint-Denis) gardée par des policiers, volent les armes de ces derniers puis s’enfuient en prenant un taxi en otage. Les fuyards prennent également les papiers d'identité du conducteur et de son client.

Fusillade à la Nation

Arrivé place de la Nation (Paris), pris de panique, le chauffeur de taxi, Ahmadou Diallo, jette son véhicule contre une voiture de police. Une fusillade éclate. Audry Maupin tue alors le chauffeur et deux policiers. Il prend de force une nouvelle voiture, s’engage dans une course-poursuite jusqu’à Vincennes. Quand la voiture est stoppée, il tue un troisième policier avant d’être lui-même abattu.

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Le rôle d’Abdelhakim Dhekar, "troisième homme" de cette équipée, n’apparaît que plus tard. Et reste flou. Selon Florence Rey, il aurait servi de "guetteur" devant la fourrière. Mais lui se prétend infiltré dans la mouvance autonome pour le compte des services secrets algériens. Il tient des propos plutôt confus, mais pas absurdes.

Au terme d'une traque de trois jours, Abdelhakim Dhekar a finalement été retrouvé mercredi vers 19 heures, "semi-conscient" dans une voiture garée au sous-sol d’un parking de Bois-Colombes (Hauts-de-Seine). Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, a assuré que le suspect serait vivement intérrogé après avoir "été soigné". Les enquêteurs vont notamment s'atteler à savoir s'il existe un lien entre l'affaire de 1994 et celle de cette semaine.

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