Pouvait-on éviter la grève à la SNCF ?

OUI, évidemment ; et, qui plus est, facilement ; il suffisait d’opérer en douceur ; d’ailleurs, le train avait bien démarré. Les plus gros obstacles, lignes non rentables, statuts du personnel en place et régime des retraites, avaient été retirés. Il ne restait plus que l’ouverture à la concurrence.

Là aussi, la première étape était sur les rails : mettre au point, dans la concertation, un statut spécifique pour les futures recrues de la grande famille des cheminots. Pourquoi le train a-t-il déraillé ? De par la volonté concertée de deux aiguilleurs cruciaux. Monsieur Martinez d’une part : une réforme en douceur, nécessairement très favorable aux cheminots, aurait été un succès pour les modérés ; à la veille d’élections déterminantes pour son avenir personnel et pour celui de la CGT, le leader de la susdite centrale n’attendait qu’un coup de sifflet pour se mettre en marche.

Or, l’autre aiguilleur, notre cher Emmanuel Macron, ne pouvait se satisfaire d’un arrangement trop tranquille ; il lui fallait un combat pour prouver sa détermination et la solidité du train présidentiel ; il a donc lancé son gouvernement dans une cascade de déclarations péremptoires, vexatoires et hors de propos ; Philippe Martinez n’attendait que cela pour provoquer le choc frontal que l’on connaît. Et tout cela pour avoir, à l’arrivée en gare, une réformette qui n’apportera aucune amélioration, ni pour la pérennité de la SNCF, ni pour le bien-être des usagers. Et pourtant, là comme ailleurs, il y aurait plein d’initiatives intéressantes et utiles, mais, ce serait du sérieux, et donc sans rapport avec de la com’.

La réformette des institutions présentée par notre premier ministre me semble encore pire : un autorail poussif qui passionnera les élus, ennuiera le bas peuple et, surtout, sera fort peu utile. La seule vraie réforme, due à François Hollande, était d’interdire le cumul de certains mandats : je redis que, selon moi, le député-maire était l’un des piliers de l’ancrage de l’Assemblée nationale dans les terroirs locaux ; les supprimer a été une grave erreur. Emmanuel Macron aurait du "effacer" cette mauvaise rature.

L’administration des finances est-elle prête pour mettre en place l’impôt à la source ? Sinon, notre Président serait bien avisé de retarder, au plus tôt, cette décision folklorique de son prédécesseur. Ce qui compte dans une réforme, ce n’est pas son caractère spectaculaire, mais son utilité.

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