L'affaire Laeticia

Le showbiz s’est emparé de l’affaire Laeticia ; il y a ceux qui demandent le silence, c’est-à-dire qui sont dans le camp de Laeticia ; et il y a ceux, dont je suis, qui pensent que, selon leur échelle de valeurs, contestable, et quelles que soient les circonstances, un père qui déshérite totalement ses enfants est, sur ce point, un salaud, et il faut le hurler, ne serait-ce que pour refuser de modifier l’interdiction de cette injustice, interdiction qui prévaut actuellement en France.

Disons d’abord que l’on peut très bien être génial dans un domaine et infect dans un autre : ma propre histoire me l’a appris, et je ne suis sûrement pas le seul dans ce cas. J’ajoute que, au vu des divers témoignages, on peut être perplexe sur la fragilité du signataire et sur la responsabilité de l’entourage. Je me permets aussi de rapprocher cette histoire de celle d’Yves Montand, cet immense acteur, cet interprète fabuleux : il a refusé un test ADN demandé par une femme qui affirmait lui devoir un enfant.

Même quand il n’y a qu’un seul héritier, et quel que soit l’âge, la mort d’un parent est toujours une étape cruciale de la vie : c’est toute son histoire, et surtout son enfance, qui vous revient brutalement en pleine figure. Mais, quand vous n’êtes pas seul, ce sont les souvenirs communs qui ressurgissent ; ceux de tendresse, et c’est très bien ; mais aussi, les désaccords, l’impression de ne pas avoir reçu, en son temps, sa part d’affection, la jalousie, parfois justifiée. Un héritage déséquilibré est alors une catastrophe pour tous, bien et mal nantis.

Mais je crois qu’il faut aussi évoquer l’aspect collectif de cette histoire aussi triste que banale à pleurer : quand on quittera définitivement cette planète, que feront nos successeurs des biens qu’on leur aura laissés ; les biens immatériels, et le fric. Bill Gates ose nous dire qu’il ne paie pas assez d’impôts ; j’ai beaucoup de mal à croire en sa sincérité ; les GAFAM font tout pour ne pas payer d’impôts, et Bill Gates n’est-il pas complice ? Et, même si monsieur Gates utilise sainement son pactole, que feront ses héritiers ? Je le dis, et je le redis, donner trop d’argent, et donc trop de pouvoir, aux très riches est aussi dangereux que ne le furent le nazisme et le communisme stalinien. Même s’ils sont honnêtes, du seul fait qu’ils sont riches, les puissants se croient plus intelligents et plus compétents que les autres ; et il y a autant de salauds chez les riches que chez les pauvres, sinon plus : trop de fric pourrit. Lorsque l’argent gouvernera la planète, et on s’en approche, il nous conduira vers l’abîme plus efficacement que Daech.  

Et notre Président, qu’en pense-t-il ?   

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