Faut-il dépénaliser le cannabis ? Et faut-il ouvrir des salles de shoot "sécurisées" ?

A ce jour, toutes les tentatives de dépénalisation du cannabis ont été, sur le long terme, des catastrophes. Certes, il y a des essais récents, notamment aux Etats-Unis, mais il est trop tôt pour en faire le bilan. De plus, l'improvisation légendaire de Benoît Hamon n'incite pas à lui faire confiance dans un domaine où les autres ont échoué.

A court terme, les salles de shoot constituent évidemment une amélioration du "confort", psychologique et médical, des utilisateurs. Mais que faut-il en penser sur le fond ? L'idéologie qui sous-tend cette orientation est exactement la même que celle qui prône l'accueil "généreux" et inconditionnel des migrants. C'est gratifiant pour les "bienfaiteurs" et, en général, bon pour les bénéficiaires. Mais cela crée un appel d'air qui, à long terme, profite surtout aux "passeurs" avec les dégâts collatéraux que l'on connaît.

Accepter les salles de shoot est un signe fort ; cela veut dire que l'on tolère l'usage de la drogue. Qui plus est, les partisans de ce laisser aller clament haut et fort que les usagers doivent eux-mêmes trouver des fournisseurs, nécessairement dans un circuit occulte. C'est donc, de fait, un encouragement efficace pour les réseaux de dealers. On peut même penser que des avocats s'appuieront sur cette ouverture pour justifier les trafics de stupéfiants. La tentative d'assassinat de deux policiers montre clairement où nous entraîne cette dérive.

Qu'est-ce que je propose ? Ne pas raisonner dans l'abstrait en s'appuyant sur des considérations idéologiques fumeuses. Au contraire, il faut faire preuve de pragmatisme (de bon sens). Le problème de fond est analogue pour la prostitution, même si le traitement technique doit être tout à fait différent.

En ce qui concerne les banlieues, il n'est pas inutile d'essayer de reprendre le pouvoir dans les zones de non droit mais cela ne peut pas suffire : s'il y a des profits potentiels, les truands trouveront toujours la clef du coffre. Il faut donc, impérativement et prioritairement, faire porter son effort sur la source financière, c'est-à-dire sur les clients.

C'est un travail de fond qui commence par l'éducation et l'information. Pour les drogués qui ne veulent pas ou ne peuvent pas se libérer, il faut, prudemment et intelligemment, mettre en place un système d'approvisionnement officiel sécurisé payant. C'est techniquement possible, mais la priorité absolue est de proscrire toute initiative qui conduit, de droit ou de fait, à la dépénalisation des dealers.   

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