L’aide-soignante a été mise en examen, ce jeudi, après avoir été soupçonnée d’avoir administré un mélange de somnifères à neuf personnes âgées d’une maison de retraire près de Chambéry, dont six sont mortes. Cette femme, fragile depuis le décès de sa mère, a reconnu les faits et indiqué avoir agi pour "soulager les souffrances de ces personnes".

L’aide-soignante, mise en examen jeudi après avoir reconnu avoir donné un mélange de somnifères à ses patients d’une maison de retraire près de Chambéry (Savoie), semble souffrir de la mort de sa mère disparue l’été dernier. Elle a été mise en examen ce jeudi.

Placée en garde à vue ce mardi dans le cadre de la mort d’une pensionnaire de 84 ans de la maison de retraite du Césalet, située à Jacob-Bellecombette, près de Chambéry, Ludivine Chambet, agée de 30 ans, a reconnu être l’auteur de cinq autres décès, mais précise ne pas avoir voulu les tuer.

Ludivine Chambet a toujours été aide-soignante. Présentée comme étant une grande jeune femme brune, elle est aussi décrite comme "une fille sérieuse, qui a toujours travaillé", a rapporté son oncle à l’AFP.

Avant d’intégrer l’EHPAD Le Césalet, Ludivine Chambet a travaillé dans l’unité de soins continus de l’hôpital de Chambéry, qu’elle avait fini par quitter parce qu’elle ne supportait plus de voir les personnes placées en réanimation. C’est une jeune femme discrète et solitaire selon ses collègues et amis.

Interrogée par les enquêteurs, l’aide-soignante semblait "sereine". Elle aurait parlé de "façon cohérente, calme et posée", selon le parquet, et "semble effectivement affectée par ce qu'elle a fait".

Fragilisée par le décès de sa mère

"Elle était très près de sa mère, Solange. Ça faisait une personne à elles deux, elles ne pouvaient pas vivre l'une sans l'autre", a indiqué l’oncle de Ludivine Chambet.

Des "fragilités" avaient été "détectées" chez elle "depuis le décès de sa mère". Elle "paraît isolée d'un point de vue social", et "s'était énormément occupée de sa mère qui est décédée à l'été 2013 d'une maladie", ont précisé les enquêteurs.

Ludivine Chambet était depuis "suivie par la médecine du travail", mais "elle avait une vie tout à fait normale".

"C'était pas quelqu'un de méchant. Je ne pense pas qu'elle aurait fait ça pour leur faire du mal", a déclaré Bernard Chambet, l’oncle de l’aide-soignante, avant d’ajouter que Ludivine "avait des problèmes de fatigue, elle n'arrivait pas à s'en remettre", depuis la mort de sa mère.

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Ludivine Chambet aurait alors peut-être tentée de "soulager ces personnes" suite à la morte de sa mère, victime d’une leucémie. L’aide-soignante s’était refermée sur elle-même depuis. Elle ne répondait plus ni aux appels, ni aux messages de ses amis. Ludivine Chambet était d’ailleurs retournée vivre chez son père depuis le drame qu’elle a vécu.

La jeune femme suit actuellement des examens psychiatriques et psychologiques.

Mise en examen jeudi pour "six empoisonnements et trois tentatives d'empoisonnement sur personnes vulnérables", Ludivine Chambet encourt la réclusion criminelle à perpétuité.