Condamné à la prison à perpétuité en 2004 pour la mort des sept "disparues de l’Yonne", Emile Louis est décédé dimanche à Nancy. Il était âgé de 79 ans.

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Emprisonné depuis près de dix ans à la maison d’arrêt d’Ensisheim (Haut-Rhin) aux côtés de Guy Georges et Francis Heaulme, Emile Louis est décédé dans la nuit de dimanche à lundi à l’hôpital de Nancy où il avait été admis lundi dernier. Agé de 79 ans, celui qui a été reconnu coupable en 2004 de la mort des sept "disparues de l’Yonne" devait rencontrer un expert médecin ce lundi dans le cadre d’une demande de suspension de peine pour raisons de santé. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, le tueur en série souhaitait finir de purger sa peine ailleurs qu’en prison, dans un monastère. Une source proche du dossier a par ailleurs indiqué que le prisonnier avait perdu une vingtaine de kilos et faisait des chutes à répétition depuis quelques temps.

Les victimes étaient des déficients mentales légèresParvenant pendant de nombreuses années à dissimuler sa perversion sous ses airs de père de famille aimant et de chauffeur de car consciencieux, Emile Louis a été arrêté en 2000, dans le cadre de l’enquête portant sur la disparition de sept jeunes femmes âgées de 15 à 25 ans dans l’Yonne. Pupilles de la Direction départementales des affaires sanitaires et sociales (DDASS) et déficientes mentales légères, les victimes ont disparu entre 1975 et 1979. Toutes avaient par ailleurs en commun d’avoir un jour fréquenté de près ou de loin Emile Louis. L’une en étant sa maîtresse, une autre en ayant été placée dans sa famille et toutes les autres en ayant été transportées par lui dans son car.

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Un homme "extrême de la perversion, de la cruauté, de la souffrance"Condamné en 2004 à la prison à vie, assortie d’une peine de sûreté de 18 ans –confirmée par la Cour d’assises de Paris en 2006 – le tueur en série avait également été condamné à la réclusion criminelle avec une sûreté de 20 ans pour viols avec torture et actes de barbarie commis sur sa seconde épouse et sur la fille de celle-ci. "Emile Louis a vécu une forme de maltraitance affective, inspirée par une figure parentale cruelle créant très tôt chez lui la représentation de liens sado-masochistes", avait dit un expert psychologue aux assises de l'Yonne en 2004. Et alors que plusieurs témoins avaient évoqué lors de son procès un homme "jovial", "poli" et même "compréhensif" avec les jeunes femmes qu’il transportait, un psychologue qui l’a examiné en 2006 a, quant à lui, décrit un homme "extrême de la perversion, de la cruauté, de la souffrance", qui éprouvait une "véritable jouissance à établir une domination sur l'autre". Selon lui, Emile Louis était même "un tueur hors série".

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