Burkini et génocide des harkis

François Hollande a évoqué "les massacres des harkis" ; ce n'est pas encore la reconnaissance du génocide mais c'est une étape de plus dans la bonne direction. Qui est responsable ? En partie et incontestablement, le gouvernement algérien de l'époque ; mais c'est à l'Algérie, et à elle seule, qu'il revient de relire, pour elle-même, ce passé douloureux.

Et en France ? De Gaulle a arrêté la guerre d'Algérie, poussée à son paroxysme par la gauche. Les accords d'Evian prévoyaient clairement la protection des harkis. De Gaulle ne pouvait pas faire plus.

L'armée française, majoritairement, a été loyale ; elle a combattu les excès de l'OAS, regrettables mais inévitables : pour les pieds-noirs, le choix était entre la valise et le cercueil.

Alors, la France n'a rien à se reprocher, sauf à s'être laissé empêtrer dans cette guerre absurde ? Si : la responsabilité des médias français est énorme ; si les médias avaient crié au scandale, le génocide aurait certainement été moins terrifiant. Mais il fallait applaudir les "vainqueurs" : l'Algérie semblait être un vivier alléchant de nouveaux lecteurs, notamment pour les journaux de gauche. Quand les médias français seront-ils prêts à reconnaître cette inexcusable veulerie ? Selon moi, ce n'est pas demain la veille. Or, la lâcheté et l'inconscience d'hier ne sont pas sans conséquences pour celles d'aujourd'hui.

Je vais commencer par une anecdote, parmi des dizaines d'autres. Plusieurs décennies après l'indépendance, un ami nous a introduit au sein du bled algérien. Nous étions quatre : l'ami, un couple (hétérosexuel) et moi-même. Si vous êtes une fille d'Eve et si vous avez l'opportunité de rencontrer des autochtones en vérité, ne restez pas avec les hommes ; allez dans ce qui sert de "cuisine" ; c'est là que vous entendrez battre le cœur de la femme, surtout en terre musulmane.

L'ordre du jour portait alors sur la corvée d'eau, à la fontaine. Ce service était évidemment dévolu aux épouses mais les mâles voulaient le réglementer pour limiter les papotages, sources de contestation. Tout me donne à penser que la situation ne s'est pas améliorée depuis cet incident. La libération de la femme est un combat de tous les jours et il est loin d'être gagné.

Le port du burkini reste exceptionnel : cela en facilite la limitation. Mais, s'il lui advenait d'acquérir le droit de plage, quel arme prodigieuse pour démasquer et mater les rebelles. Obliger une jeune femme, avide de liberté, à se baigner en burkini, c'est du sadisme raffiné à l'état pur. Je l'ai déjà dit et j'y reviens car, me semble-t-il, les médias français n'évoquent absolument pas cet aspect du problème. Certains commentateurs, ou certaines commentatrices, ont-ils, ou ont-elles, été, parfois, au sein d'une famille musulmane "pratiquante" ?

Publicité