Excision, tentative de mariage forcée, polygamie… Ces événements troublants tout comme ce contexte familial particulier ont marqué l'enfance et la vie de Saly Diop. L'élue de Meaux (Seine-et-Marne), qui a grandi dans cette même ville, nous confie les difficultés et les souffrances engendrées par deux cultures qui s'entrechoquent.
Témoignage : "J’ai vécu au sein d’un foyer polygame"© Saly DiopService de presse

Excisée avant même de savoir parler, ni marcher. 3 mois après sa venue au monde dans un minuscule village du Sénégal, situé en pleine brousse, Saly Diop a été mutilée dans sa chair. Cet événement traumatisant, dont elle n’avait alors pas conscience, elle l’a longtemps dénié. Il aura pourtant de lourdes conséquences dans sa vie future. D’autres traditions ancestrales, parfois barbares, ont rythmé son enfance.

C’est à l’âge de 4 ans, que la petite fille qu’elle était a quitté son pays natal, où elle vivait avec ses parents sans eau courante ni électricité. Une nouvelle vie, dans un autre pays, bien différent du sien : la France.

Si l’élue de Meaux, a grandi au sein d’un foyer polygame, dans cette même ville de Seine-et-Marne, dans la cité de Beauval, réputée comme l’une des plus difficiles du pays, elle y a aussi puisé sa force : études, rap, engagement citoyen… Malgré la pression familiale et un mode de vie bien différent de ses camarades, elle y vit une enfance heureuse dans les années 80/90, au sein d’une communauté où règne l’entraide et la solidarité. Son parcours d’exception, bien que semé d’embûches, l’a menée de la cité à la mairie. Celle qui a été maire adjointe aux côtés de Jean-François Copé lors du premier mandat, est à présent vice-présidente de la Communauté d’agglomération du pays de Meaux (CAPM), en charge de l’emploi, de l’insertion et de la formation professionnelle. Sa résilience, son combat et ses démons, elle les raconte d’ailleurs au sein du livre autobiographique "Imani" (Ed. Michalon), publié le 28 mai 2020 : "On ne choisit pas d’où l’on vient, mais on décide où l’on va", annonce-t-elle dès la couverture.

"Différences, tensions… Je n’ai jamais assumé le fait de vivre au sein d’un foyer polygame"

"Bien qu’illégale en France, la polygamie y était tolérée jusqu’en 1993. Le regroupement familial était donc autorisé", nous explique Saly Diop. "Ainsi, lorsque ma belle-mère est arrivée dans notre grand appartement de Beauval, en France, j’avais déjà 8 ans, et mon petit frère n’en avait que 3."

"Je n’ai jamais accepté cette situation, car je savais qu’elle n’était pas normale. Je la présentais alors comme ma tante, lorsque mes camarades me posaient des questions."

"Si dans d’autres familles polygames, aucune différence n’est faite entre les enfants, dans la mienne, il y a eu une division", indique-t-elle. Cette façon de vivre particulière, a en effet créé de multiples tensions. "Ma belle-mère n’acceptait pas que je réprimande sa fille par exemple. Nous avons donc instauré une séparation dans la maison, et je ne m’occupais alors pas de mes demi-frères et sœurs. "Je menais également, certainement inconsciemment, le combat de ma mère, car même si elle ne l’exprimait pas, je voyais sa souffrance", nous confie Saly. Elle faisait en revanche tout son possible pour qu’il y ait une solidarité et une fraternité entre tous les enfants, mais je n’arrivais pas à m’y résigner…"

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