Les annonces d'Emmanuel Macron inquiètent de nombreux enseignants, qui redoutent d'être en première ligne face au coronavirus. Beaucoup refusent d'être "sacrifiés".
Réouverture des écoles le 11 mai : la colère de nombreux enseignantsIllustrationIstock

Ils ne comprennent pas l’annonce d’Emmanuel Macron. Lors de son allocution devant les Français lundi 13 avril, le président de la République a évoqué une réouverture des écoles à partir du lundi 11 mai, sans donner plus de précisions. Le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer a précisé que cette rentrée se ferait de manière progressive avec des "règles sanitaires strictes", ajoutant que les détails seraient donnés au plus tard dans deux semaines. Certains parents n’ont pas caché leur inquiétude et leur mécontentement après cette annonce, estimant qu’une reprise le 11 mai mettrait leurs enfants en danger.

"L'économique a pris le pas sur le sanitaire"

Ils ne sont pas les seuls à tirer la sonnette d’alarme car de nombreux enseignants font part, eux aussi, de leur inquiétude et de leurs doutes. Interrogé par Corse-Matin, Fabien Mineo, secrétaire départemental du SNUipp-FSU en Haute-Corse, affirme que la décision de l’exécutif est mal vécue par le corps enseignant. "On voit bien que l’économique a pris le pas sur le sanitaire : il faut que les enseignants retournent au boulot, coûte que coûte, pour que les salariés retournent au boulot, coûte que coûte", explique-t-il au quotidien régional.

Pour lui, c’est clair, "il est hors de question que les enseignants se retrouvent en première ligne sans que l’on ait du recul par rapport à l’avancée de la maladie". "Le gouvernement veut se servir des enseignants pour faire garder les enfants. On comprend pourquoi les universités, elles, ne vont pas rouvrir : parce que les étudiants se gardent tout seul", conclut Fabien Mineo auprès de Corse-Matin. Comme lui, de nombreux enseignants ne comprennent pas cette décision et la critiquent. Interrogée par Le Monde, Francette Popineau, du SNUipp-FSU, l’affirme : "On rouvre les écoles pour relancer l’activité économique, en sacrifiant un peu vite les enseignants".

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