INTERVIEWS. Sept mois après la mort d'Élisa Pilarski, le mystère demeure sur le ou les chiens impliqués dans ce drame. Où en est l'enquête ? Quand les résultats des analyses génétiques seront-ils dévoilés ? Me Guillaume Demarcq, avocat du maître d'équipage de la chasse à courre et Me Alexandre Novion, qui représente Christophe Ellul, ont répondu à nos questions.
Mort d'Elisa Pilarski : sept mois après, où en est l'enquête ?

Le 16 novembre 2019 est encore dans toutes les têtes. Ce jour-là, Élisa Pilarski, 29 ans et enceinte de son premier enfant, promène Curtis, le chien de son compagnon, dans une forêt de l’Aisne. Elle vient de quitter le sud-ouest de la France pour s’installer chez son conjoint, avec leurs cinq chiens. Amoureuse des animaux, elle partage alors son bonheur sur son compte Facebook, qu’elle alimente régulièrement de photos de sa chienne Ice. Partie en tout début d’après-midi, elle appellera son compagnon vers 13 heures pour lui signaler, selon les déclarations de ce dernier, qu’elle est entourée de chiens menaçants. Son corps inanimé sera retrouvé deux heures plus tard, présentant de nombreuses morsures, aux jambes, aux bras et à la tête. Très vite, plusieurs pistes sont explorées par les forces de l'ordre. La jeune femme a-t-elle été attaquée par son chien ? A-t-elle croisé le route d'une meute de chasse à courre, qui se déroulait à proximité ? A-t-elle été tuée par d'autres animaux ?

Un certain nombre d'investigations sont en cours

Ces différentes questions n’ont toujours pas leur réponse et la famille d'Élisa Pilarski va encore devoir patienter pour savoir ce qui est arrivé à la jeune femme. "Je ne vais pas vous mentir, le confinement a fait que le dossier n’a que peu avancé", explique à Planet Me Guillaume Demarcq, avocat de Sébastien Van den Berghe, le maître d'équipage de la chasse à courre. "La juge d’instruction travaille sur le dossier, mais il n’y a pas eu d’avancées, parce qu’il ne peut pas y avoir d’avancées toutes les semaines non plus", ajoute-t-il, précisant qu’"un certain nombre d’investigations sont en cours".

Selon nos informations, des auditions sont programmées et des analyses sont en cours. Même constat pour Me Alexandre Novion, avocat de Christophe Ellul, le compagnon d'Élisa Pilarski. "La juge d’instruction a continué la poursuite sereine de la recherche de la vérité pendant tout le temps de l’épidémie", explique-t-il à Planet, soulevant, lui aussi, les problèmes "posés à l’institution judiciaire pendant le confinement".

Mort d'Élisa Pilarski : "On n'en sait absolument pas plus"

À la fin du mois de février, après plusieurs semaines de silence, le procureur de la République de Soissons avait précisé les causes de la mort d'Élisa Pilarski. Selon les résultats de l'autopsie, la mort de la jeune femme est due à "l'action d'un, ou plus probablement de plusieurs chiens au regard de la répartition des plaies, de leurs différences de morphologies et de leur profondeur". Sept mois après le début de l’enquête, en sait-on plus sur le ou les animaux qui sont impliqués dans la mort de la jeune femme ? "Aujourd’hui, on n’en sait absolument pas plus", confie Me Guillaume Demarcq.

Peu de temps après le drame, des prélèvements génétiques avaient été effectués sur une soixantaine de chiens, les cinq de la victime et de son compagnon ainsi que les animaux de la chasse à courre. Pour l’instant, il n’y a rien de nouveau de ce côté-là, ce que confirme Me Demarcq : "Les résultats, on les aura quand on les aura". Concernant les analyses, "Je serais très surpris qu’elles aient eu lieu pendant le confinement. Je pense qu’on a repris deux mois et demi dans la vue", ajoute-t-il. Me Novion, de son côté, estime que les résultats de ces tests devraient être connus "plutôt à la rentrée", soit au mois de septembre.

Mort d’Elisa Pilarski : les prélèvements ADN des chiens n’ont pas été analysésMort d’Elisa Pilarski : les prélèvements ADN des chiens n’ont pas été analysésMort d'Elisa Pilarski : les prélèvements ADN des chiens n'ont pas été analysésDes prélèvements génétiques ont été effectués sur une soixantaine de chiens après la mort d'Elisa Pilarski. Trois mois plus tard, leurs résultats sont toujours inconnus. Selon les...

Une nouvelle attente qui pourrait être longue pour les acteurs du dossier, les prélèvements ayant été effectués au mois de novembre. "Depuis le début je dis qu’ils ne pourront peut-être pas grand-chose. On va trouver l’ADN de Curtis, et alors ? La chasse à courre passait à proximité ce jour-là, donc si on trouve l’ADN des chiens de l’équipage, qu’est-ce que ça va prouver ?", explique Me Demarcq.  Me Novion, au contraire de son confrère, attend "énormément" de ces analyses, et notamment "qu’elles nous apportent des éléments de première importance sur l’identification des chiens". "On va retrouver l’ADN de Curtis, ça c’est sûr et c’est normal, mais si on trouve l’ADN de plusieurs chiens alors les choses seront quand même beaucoup plus compliquées", conclut Me Novion. Curtis, le chien du couple, dont la possible implication dans ce drame n'est pas encore écartée.

Faites une action inoubliable : en savoir plus sur le leg Unicef

Cet article vous a intéressé ?

Découvrez encore plus d'actualités,
en vous abonnant à la newsletter de Planet.

Votre adresse mail est collectée par Planet.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.