Marche blanche pour Camélia : Mitry-Mory réclame justice après son suicide

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 25/01/2026
Harcelement couloir ecole
Istock
Des centaines de personnes se sont rassemblées devant le lycée Honoré-de-Balzac à Mitry-Mory pour une marche blanche en hommage à Camélia, 17 ans, morte le 13 janvier. Un moment de recueillement, mais aussi un appel à agir contre le harcèlement scolaire.

Ce dimanche 25 janvier au matin, Mitry-Mory s’est figée dans un silence presque religieux. Devant le lycée Honoré-de-Balzac, des centaines de personnes, roses blanches à la main, ont marché, pas après pas, vers la gare de Villeparisis–Mitry-le-Neuf

C’est là que Camélia, élève de terminale STMG âgée de 17 ans, s’est suicidée le 13 janvier dernier, mettant fin à ses jours alors qu’elle disait être victime de harcèlement scolaire.

Cette marche blanche, lancée par la famille et rejointe par les camarades, des enseignants et de nombreux habitants, n’était pas seulement un moment de recueillement. 

Elle a aussi été un cri de colère et d’alerte, une façon d’exprimer que la souffrance adolescente ne doit plus jamais être ignorée. Au milieu du cortège, des pancartes portaient des messages simples mais puissants : « Non au harcèlement scolaire », « Pour que Camélia vive dans nos mémoires ».

Un rassemblement qui dépasse le seul hommage

Ce dimanche matin, plusieurs lycéens ont pris la parole, souvent avec émotion, rappelant que Camélia n’était pas juste une victime, mais une camarade, une amie, une jeune vie promise à un avenir qu’on n’a jamais vu se concrétiser. « 

On a attendu qu’elle soit morte pour qu’on en parle », confiait une adolescente présente au micro d’une radio locale, dénonçant une prise de conscience trop tardive.

Contrairement au premier article publié sur Planet.fr, qui revenait sur les circonstances du drame et la plainte déposée par la famille contre l’administration scolaire, cette marche blanche était l’expression d’une communauté qui veut aller au-delà du fait divers

Ici, il ne s’agissait pas seulement de revivre le drame, mais de revendiquer collectivement une transformation du regard porté sur le harcèlement à l’école.

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Justice, enquête et réactions : où en est l’affaire ?

Plusieurs enquêtes ont été ouvertes depuis le décès de Camélia. Le parquet de Meaux a lancé des procédures non seulement pour déterminer les causes du suicide, mais aussi pour faire la lumière sur le harcèlement dont la lycéenne disait être victime. 

Parallèlement, une enquête administrative a été confiée à l’Inspection générale de l’Éducation nationale pour analyser la gestion de la situation par l’établissement.

Le proviseur a été mis en retrait de ses fonctions à sa demande, dans un climat déjà très tendu. Des menaces à son encontre ont circulé sur les réseaux sociaux, et des voix ont appelé à calmer les passions pour laisser la justice faire son travail.

Une école sous le choc

L’émotion ne se limite pas aux proches de Camélia. Dans le lycée Honoré-de-Balzac, élèves et enseignants vivent eux aussi les retombées du drame. Certains enseignants évoquent un sentiment d’échec collectif, reconnaissant la difficulté d’identifier et de gérer des situations de harcèlement complexe.

Pour les lycéens qui ont participé à la marche, c’était aussi un moment de soutien mutuel. « On veut que ça change, pour nous, pour les plus jeunes qui arrivent », confiait une élève. Ce rassemblement a transformé une douleur intime en une demande claire : que l’écoute, la prévention et l’accompagnement deviennent des priorités dans les établissements scolaires.

Vers un réveil des consciences ?

Ce dimanche, au-delà des roses blanches, des discussions ont commencé entre parents, professeurs, élus locaux et professionnels de santé présents. Certains ont plaidé pour des actions concrètes : formations pour les équipes éducatives, dispositifs de signalement plus efficaces, soutien psychologique renforcé pour les victimes.

La marche blanche de Mitry-Mory n’efface rien, mais elle met un projecteur durable sur le problème du harcèlement scolaire, avec l’espoir que la souffrance de Camélia ne soit pas restée en vain. « Nous avons marché pour elle, mais surtout pour que demain soit différent », murmuraient certains participants en fin de rassemblement.un enfant.

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