On sait enfin combien de chômeurs ne cherchent pas réellement un travail. Leur nombre pourrait vous surprendre…
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Les chômeurs sont-ils des fainéants ? Une écrasante majorité recherche activement un emploi

Ils sont plusieurs milliers, à être inscrits en tant que demandeur d’emploi, en France. Au second trimestre 2018 le nombre de chômeurs de catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité, s’élève à 6 238 9000 personnes, selon les données publiées par la Dares et reprises par le Journal du net. Mais au total, combien cherchent réellement un emploi ?

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A en croire la dernière étude de Pôle Emploi, rendue publique 20 août 2018, 88% des chômeurs recherchent activement un nouveau travail. Autrement dit, seuls 12% d’entre eux ne cherchent pas à réintégrer le marché du travail. Autre enseignement intéressant – et "susceptible de balayer plusieurs idées reçues" comme l’écrit Challenges– 92% des bénéficiaires de l’assurance chômage poursuivent leurs recherches.

Toutefois, l’étude souligne également de fortes disparités selon les profils de chômeurs : 19% des demandeurs d’emplois qui ne bénéficient pas de l’assurance chômage ont finalement baissé les bras. Quant à ceux indemnisés par la solidarité nationale, ils sont 15% à avoir abandonné. Par ailleurs, les hommes ont davantage tendance à cesser leurs recherches (14%) que les femmes (10%).

D’après Pôle emploi, les travailleurs les plus découragés sont régulièrement les moins qualifiés : 17% des chômeurs dont le niveau de diplôme est inférieur au CAP ou issu des milieux ouvriers non qualifiés sont sanctionnés. C’est également vrai pour 15% des employés peu qualifiés. En revanche, seuls 4% des cadres et 9% des seniors le sont.

Les chômeurs sont-ils des fainéants ? Des contrôles aléatoires pour remobiliser les demandeurs d’emploi

Depuis 2015, Pôle emploi a généralisé ses équipes de contrôle, rappelle France Info. C’est en se basant sur un échantillon de chômeurs contrôlés de façon aléatoire que l’organisme a pu réaliser cette étude.

D’après le site d’information, la quasi-totalité des demandeurs d’emplois incapables de fournir les preuves de leur recherche sont sanctionnés pour "insuffisance de recherche d’emploi". En conséquence de quoi, ils sont donc radiés du régime 15 jours durant, ce qui entraîne la suppression de leurs éventuelles indemnités. Ils peuvent se réinscrire par la suite. Toutefois, comme l’indiquait un barème présenté en mars, la sanction passera bientôt à un mois.

Dans son étude, Pôle emploi met également en avant la capacité de ces contrôles aléatoires à remobiliser les travailleurs découragés et à "redynamiser" leur recherche d’emploi. 16% d’entre eux retrouvent en effet un travail durable dans les six mois après un contrôle contre 14% dans le cas inverse. Néanmoins, ils pourraient également punir les chômeurs de longue durée, pour qui il devient difficile de justifier leur recherche, soulignent les détracteurs. Ils pointent également du doigt le risque de pousser l’ensemble des demandeurs d’emploi à accepter n’importe quelle offre.