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Pour dire leur désamour des hommes politiques, les Français n'hésitent pas à leur servir des plats en tout genre… A commencer par les œufs et la farine !
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Edouard Philippe : un Premier ministre sous une pluie d’œufs

Lors d’un déplacement à Charleville-Mézieres (Ardennes, Grand Est), Edouard Philippe a été pris pour cible : un professeur d’histoire-géographie lui a lancé une paire d’œufs, cherchant à l’atteindre au visage. Les projectiles sont venus s’écraser sur sa jambe, tachant son pantalon, ainsi que sa chaussure rapporte L’Ardennais.

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L’incident a eu lieu lors du festival du Cabaret Vert, organisé le 24 août dernier. Edouard Philippe serait resté très stoïque après cet accroc, qui a mis mal-à-l’aise les bénévoles tenant le stand d’où venaient les œufs. "Je ne le regrette pas", a assuré le professeur qui s’en est pris à l’homme politique, indiquant toutefois que son geste était gratuit, sans motivation particulière. "Est-ce que je suis contrit ? Non. Mais contraint. C’est un geste malencontreux", a précisé celui qui est également musicien pour le groupe local Les Sliping Kangooroos.

François Fillon : enfariné pendant la présidentielle

"Fillon a bel et bien été blanchi", ont juré quelques internautes. Et pour cause : le candidat malheureux à la présidentielle a été enfariné à Strasbourg, en avril 2017, rappelle Le Point. A l’origine, il souhaitait parler d’Europe, lors d’un meeting qui devait l’aider à rattraper Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

"Je suis la cible d’un acharnement impitoyable. Ils essaient tout pour me décourager, même les plus minables arguments. J’espère au moins que la farine était française", a réagi l’ancien Premier ministre, après l’incident.

L’homme qui a enfariné François Fillon était âgé de la trentaine et mesurait 1m90 environ, explique l’hebdomadaire. Il portait un tee-shirt "Les étudiants avec Fillon" pour se faire passer pour un militant, lequel a ensuite été déchiré de haut en bas. Il a été plaqué au sol par les services de sécurité et a ensuite été interpelé.

Emmanuel Macron : un œuf en pleine tête

Il espérait, indique le Figaro, un accueil chaleureux : cela lui aurait permis de s’attaquer au protectionnisme prôné par Marine Le Pen et de profiter des difficultés rencontrées par François Fillon qui, à l’époque, étaient encore ses adversaires dans la course à l’Elysée.

Au final, ce qu’a trouvé Emmanuel Macron, c’est un œuf. En visite au salon de l’agriculture, en mars 2017, il a été pris pour cible par un individu non identifié. Ce dernier a jeté l’œuf sur le futur président, le touchant en plein visage.

Une situation pas si inhabituelle pour le chef de l’Etat : en juin 2016, il avait déjà essuyé des tirs comparables. Alors ministre de l’Economie, il était en visite à la poste de Montreuil (Seine-Saint-Denis) quand es habitants lui ont lancé des boulettes de papiers ainsi que des œufs.

Nicolas Sarkozy : victime du célèbre Gloupier

En février 1997, Nicolas Sarkozy a du mener bataille contre les entarteurs du Gloupier, Noël Godin. Le futur président, alors en visite au Palais des Congrès à Bruxelles, est victime d’une des complices du pâtissier Belge, rapporte l’Internaute. Elle lui demande un autographe, avant de lui envoyer une tarte au moment où il esquisse sa signature.

Nicolas Sarkozy se réfugie alors dans un ascenseur mais il rencontre un nouvel entarteur à chaque étage. Après s’être finalement fait escorter jusqu’aux toilettes par des gardes du corps, il fait de nouveau face à une vingtaine de complices du Gloupier… Juste après avoir pu se débarbouiller. Recouvert de crème chantilly, le futur chef de l’Etat retourne se nettoyer et sera ensuite à nouveau la cible d’une tarte.

Manuel Valls, qui préfère les "kilos de sourires" à "quelques grammes de farine"

En décembre 2016, Manuel Valls a été enfariné à Strasbourg. Alors candidat à la primaire de la Belle alliance populaire, l’ancien Premier ministre ne s’en est pas offusqué : au contraire, il a même trouvé des moyens de s’en réjouir.

L’individu qui a enfariné Manuel Valls, âgé d’une trentaine d’années a revendiqué son geste rapporte le Huffington Post. "49-3 on n’oublie pas !" aurait-il lancé, avant d’être arrêté.

Une fois couvert de farine, le socialiste a dit apprécier l’attention, celle-ci étant sans gluten. "C’est un bon présage", a-t-il ajouté, faisant écho à l’enfarinage de François Hollande, en 2012. Par la suite, il a ironisé sur l’incident, disant préférer "des kilos de sourires" à "quelques grammes de farine".

François Hollande enfariné : "ce sont les risques du métier"

Il était encore candidat à l’élection présidentielle quand il a été enfariné. En février 2012, François Hollande a été victime de Claire Seguin, qui lui a jeté un paquet de farine au visage, indique 20 Minutes. "J’ai 45 ans et je suis en train d’être assassinée à Lille par les socialistes. Je suis à bout de ressources, parce que la loi n’est plus appliquée" a expliqué l’enfarineuse, sur LCP. Peu après son geste, elle a été placée en garde à vue.

De son côté, l’homme qui allait bientôt être élu à la présidence de la République a gardé son calme. Il a toutefois déploré que Claire Seguin essaye "d’utiliser cette réunion à d’autres fins" que celle prévue par la Fondation Abbé-Pierre qui avait invité le candidat. "Le principal c’est d’avoir délivrer le message que je voulais prononcer sur le logement. Je prends les risques qu’un candidat doit prendre si je veux aller vers les journalistes, les Français, si je veux aller dans les assemblées où il y a beaucoup de monde. Ce sont les risques du métier", a-t-il conclu.

François Bayrou : une tarte pour une gifle ?

En réponse à la gifle assénée à un jeune garçon qui aurait tenté de lui faire les poches, en avril 2002 à Strasbourg, François Bayrou a été entarté.

A l’époque François Bayrou est candidat pour l’Union pour la Démocratie Française (UDF) et fait campagne pour l’élection présidentielle. Il déambule, comme le rappelle Les Echos, dans les allées d’un marché à Rennes (Ille-et-Vilaine) avant de recevoir une tarte à la crème sur le visage, lancée par un groupe de jeunes. D’après les informations de France Info, ils étaient 4 au total.

Selon le quotidien national spécialisé en économie, l’homme politique était "mi-amusé", "mi-consterné". Après s’être nettoyé et changé, il explique que, selon lui, il s’agit d’un non-incident. "C’est plutôt le signe que la société française ne va pas très bien", juge-t-il d’ailleurs.

Ségolène Royal visée par une tarte aux fraises ?

"Je ne sais pas qui vous êtes, mais ce que vous avez fait, ça n’est pas un acte de courage, c’est une agression", aurait déclaré Ségolène Royal, en 2006, sur le parvis de la gare de La Rochelle, à l’attention d’un étudiant "de grande taille".

Alors en campagne présidentielle, la socialiste se dirigeait vers des élus et des sympathisants, souligne Libération. C’est à ce moment là qu’elle a été atteinte par une tarte à la crème, jetée par Jonathan Joly, étudiant de 22 ans. Il a été condamné à 150 euros d’amende avec sursis par le tribunal correctionnel de la Rochelle, indique Le Monde.

"Je regrette profondément de l’avoir blessée ou choquée. C’était un acte symbolique et humoristique", a-t-il déclaré devant les juges, non sans préciser que "l’objectif n’était pas d’humilier ou de salaire mais d’avoir une emprise sur la politique spectaculaire".

L’homme, un militant proche de la mouvance anarchiste a bénéficié de la "mansuétude" des juges, a estimé son propre avocat, non sans estimer que "le principe de la justice est respecté".

Alain Juppé : entarté en 2003 devant Sciences-Po Aix

C’était en mars 2003. Alors qu’il venait donner une conférence à l’Institut d’études Politiques (Sciences-Po) d’Aix-en-Provence, Alain Juppé a fait les frais d’un entarteur engagé, indique Libération.

L’entarteur aurait agi au nom d’une organisation intitulée Aargg (Apprentis agitateurs réseau résistance globale), qui souhaitait dénoncer "les agissements d’un individu et du parti dont il est président", poursuit le quotidien, citant les informations de La Provence, dont la version papier publiait à l’époque un communiqué du groupe de résistance.

A Sciences-Po, Alain Juppé n’est pas le seul à avoir fait les frais d’un entartage, rappelle LCI. Jacques Delors, notamment, avait été aspergé de crème à raser avant d’être littéralement coiffé d’une tarte à la crème…