INTERVIEW. De nombreuses zones d'ombre demeurent autour de la mort d'Elisa Pilarski. Les chasseurs présents ce jour-là se disent "sereins" quant aux résultats des analyses génétiques effectuées sur leurs chiens. Un d'entre eux revient sur le déroulé de la chasse à courre du 16 novembre.
Femme enceinte dévorée : "On est impatient d’avoir les résultats des analyses"AFP

Deux mois après la mort d’Elisa Pilarski, dont le corps a été retrouvé mordu par des chiens dans une forêt de l’Aisne, les chiens impliqués n’ont toujours pas été retrouvés. Une chasse à courre avait lieu dans la forêt de Retz au moment de la mort de la jeune femme, qui était enceinte de six mois. Très vite, les soupçons se sont tournés vers les chiens de l’équipage, dont une vingtaine participaient à la chasse ce jour-là. Pourtant, les chasseurs sont formels : leurs animaux ne peuvent pas être impliqués. Selon les résultats de l’autopsie, Elisa Pilarski a été tuée entre 13 heures et 13h30 et son décès "a pour origine une hémorragie consécutive à plusieurs morsures de chiens aux membres supérieurs et inférieurs ainsi qu’à la tête". Fin novembre, le procureur de la République de Soissons précisait que ces blessures étaient à la fois "ante-mortem" et "post-mortem".

Mort d’Elisa Pilarski : pour les chasseurs, "l’horaire ne correspond pas"

Ce laps de temps d’une demi-heure est une donnée essentielle de l’enquête, sur laquelle se penchent les forces de l’ordre. Très vite, les membres de la chasse à courre ont affirmé que la chasse avait été lancée à 13h30 mais, selon BFMTV, des témoins ont expliqué aux forces de l’ordre avoir assisté à un premier lâché de chiens à 13 heures. Une information que dément Jean-Michel Camus, membre du Rallye La Passion. Interrogé par Planet, il explique que les membres de la chasse à courre sont "tous arrivés entre 13 heures et 13h30" sur les lieux : "Une photo a été remise aux enquêteurs : on voit que les chiens sortent du camion à 13h28". Le chasseur est formel, "l’horaire ne correspond pas", entre les résultats de l’autopsie et le début de la chasse à courre. "À 13h28, les chiens sortent du camion, elle ne peut pas avoir été tuée en quelques instants".

Le jour de la chasse, décalée au samedi 16 novembre à cause de la Saint-Hubert, les chiens ont été bénis vers 11h30 par le prêtre de Faverolles (Aisne), où se trouve le siège du Rallye La Passion. Le camion transportant les 21 chiens est ensuite reparti au chenil, "pour aller attacher la remorque avec deux chevaux", nous explique Jean-Michel Camus. Le convoi quitte le chenil pour se rendre au lieu de rendez-vous de la chasse à courre. D’après nos confrères de L’Union, les conducteurs auraient mis une vingtaine de minutes pour faire le trajet jusqu’à ce point de rendez-vous. Une estimation que dément Jean-Michel Camus : "L’Union dit que nous avons mis 20 minutes du chenil au lieu de rendez-vous, mais c’est une énorme erreur. Il s’agit d’une route de forêt, nous déplacions un camion avec 21 chiens et une remorque avec deux chevaux. Mettre 20 minutes, c’est matériellement impossible".

La photo des 21 chiens, prise à 13h28 le 16 novembre, a été confiée aux enquêteurs. Deux mois après le drame et alors qu’ils sont pointés du doigt par de nombreuses personnes, les chasseurs se disent "sereins" et attendent les résultats des analyses génétiques. Ils disposent de plusieurs éléments pour prouver l’innocence de leurs chiens.

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