Entretiens d’embauche : les arnaques en ligne se multiplient

Publié par Lény Nolent
le 19/02/2026
Un entretien d'embauche.
Adobe Stock
Les arnaques sur les sites de recrutement sont de plus en plus nombreuses. Certaines fausses offres d’emploi demandent aux candidats, avant un entretien d’embauche, d’envoyer des pièces justificatives pour constituer un dossier administratif. Le but : usurper votre identité.

En recherche active d’emploi, vous trouvez une offre intéressante sur un site de recrutement et postulez. Attention : certaines annonces cachent de véritables arnaques. 

Des escroqueries en plein essor 

L’objectif de ces escrocs : duper des chercheurs d’emploi afin de leur dérober leurs données personnelles. Pour réussir leur coup, ces personnes malintentionnées diffusent plusieurs offres d’emploi sur des sites de recrutement. Les secteurs visés : la communication ou encore l’alternance, secteurs où les offres restent limitées. 

Le principe est simple : une offre d’emploi attrayante est publiée par les malfaiteurs. Une fois le contact établi entre l’interlocuteur et le candidat, un rendez-vous pour un entretien d’embauche est programmé. Le piège s’enclenche alors. Attestation d’hébergement, copie de la pièce d’identité ou encore IBAN, l’interlocuteur exige au candidat qu’il envoie de nombreuses pièces justificatives avant la rencontre. 

Une victime piégée sur la plateforme Indeed

Nos confrères du Parisien Étudiant ont interviewé une femme qui a été victime de cette escroquerie. Au sortir de son master, cette étudiante en architecture s’est rendue sur la plateforme Indeed. À la recherche d’un poste, elle postule à une annonce pour un emploi dans un cabinet d’architectes. Une annonce de prime abord classique, provenant d’un cabinet bien réel. Pourtant, la réalité est tout autre. 

Cette demandeuse d’emploi initie par mail le contact. Un entretien d’embauche est planifié. « Le mail paraissait vrai, ils avaient réussi à modifier l’adresse d’envoi du mail pour coller à celle de l’entreprise à laquelle je postulais »a-t-elle expliqué au Parisien étudiant. En effet, l’identité de cette entreprise avait en amont été usurpée. « À partir du moment où j’ai envoyé ce mail, j’ai immédiatement regretté », a-t-elle également déclaré. Soupçonnant une arnaque, elle décide malgré tout de faire contacter le cabinet d’architectes par sa mère afin d’en vérifier l’authenticité. « Je ne voulais pas me griller en appelant moi-même », s’est-elle justifiée. Résultat : ses craintes se confirment. La responsable du cabinet d’architectes explique qu’aucune procédure de recrutement n’est en cours. Ces escroqueries ne sont pas sans conséquences. En s’emparant de vos données personnelles, ces escrocs peuvent par exemple procéder à des achats, créer une autoentreprise ou encore souscrire à un crédit en utilisant votre identité. 

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Face à ce type d’arnaques qui pullulent sur les sites de recrutement, plusieurs bons comportements sont à adopter. « Il n’y a pas de raison qu’on vous demande d’entrée de jeu ce genre de documents dans le cadre d’une recherche d’emploi. Maintenant, on a rarement envie de passer à côté d’une offre d’emploi, donc il ne faut pas hésiter à ajouter un filigrane sur les documents en étant très précis dans l’intitulé », a indiqué dans le Parisien étudiant, Me Eck, avocate spécialisée en usurpation d’identité.

De son côté, le ministère de l’Économie recommande de « se méfier des propositions d’emploi non sollicitées » et d’être prudents face « aux offres trop attractives, voire hors norme ». Il conseille également de vérifier l’existence de l’entreprise (à l’origine de l’annonce sur le site de recrutement, NDLR) sur des sites officiels comme l’Annuaire des entreprises et de ne jamais transmettre « vos données personnelles avant un entretien formel et la signature d’un contrat de travail ». Ce mercredi, le ministère de l'Économie a indiqué qu’un « acteur malveillant » a pu consulter les données bancaires de 1,2 million de comptes depuis fin janvier, suite à une cyberattaque du fichier national des comptes bancaires. Parmi les données consultées par le cybermalfrat, figurent notamment le RIB, l'IBAN ou encore le nom du titulaire. 

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