Congés : les Français sont ceux qui les prennent le moins !

Publié par Matthieu Chauvin
le 03/08/2026
Salariée fatiguée
Istock
La France offre un nombre record de jours de repos en Europe, mais une étude publiée ce 3 août 2026 révèle que les salariés français en laissent six partir en fumée chaque année.

Sur le papier, le modèle social français suscite l'envie à l'international. Dans les faits, les travailleurs peinent à profiter pleinement de ces acquis historiques. Une récente analyse lève le voile sur ce gaspillage de temps libre. Beaucoup s'interrogent sur leur fatigue chronique alors qu'ils disposent de plus de droits que leurs homologues étrangers. L'explication se trouve dans nos habitudes de travail.

La France championne du repos théorique

Selon les données de la plateforme RH Deel dévoilées ce 3 août 2026 par Le Figaro, l'Hexagone trône au sommet de la générosité. En épluchant 160 000 demandes de congés, l'étude rapporte que la France accorde une médiane record de 34 jours de repos par an, incluant les congés payés légaux et les RTT. À titre de comparaison, le Canada ne propose que 11 jours médians.

Le décalage entre la théorie et la pratique saute aux yeux. D'après l'étude Deel, seul un quart des travailleurs français, soit 25 %, consomment l'intégralité de leurs droits. Ce taux d'utilisation représente le plus faible de tous les pays passés au crible par les analystes. En moyenne, chaque salarié français laisse 6 jours de repos inutilisés chaque année. Nos voisins européens se montrent bien plus pragmatiques. Ils n'abandonnent que 2 à 3 jours sur la même période d'après le rapport.

Présentéisme et surcharge bloquent les départs

Comment expliquer cette réticence à partir en vacances ? La culture d'entreprise française porte une lourde responsabilité. Le présentéisme demeure une valeur refuge dans de nombreuses sociétés. S'absenter s'apparente encore pour certains managers à un signe de désengagement professionnel. 

Maxime Hoff, porte-parole de Deel France, précise : "La France illustre un paradoxe que l'on retrouve rarement ailleurs : un pays parmi les plus généreux en droits, mais l'un des moins efficaces dans leur utilisation, 6 jours laissés sur la table en moyenne chaque année."

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La charge de travail empêche également le repos. L'impossibilité de déléguer efficacement ou de mettre ses dossiers en pause contraint les salariés à renoncer à leurs jours. Ils craignent de crouler sous les e-mails à leur retour. Pendant ce temps, le Royaume-Uni ou la Norvège enregistrent des taux d'utilisation de leurs jours oscillant entre 40 et 50 %. L'Allemagne elle-même, avec 26 jours médians, observe ses salariés prendre davantage de repos effectif que les Français selon les chiffres de Deel.

Protéger sa santé mentale et ses droits légaux

Abandonner 6 jours de repos annuels ne constitue pas un acte de dévouement. Ce comportement favorise l'épuisement professionnel. L'absence de déconnexion totale augmente les risques de burn-out. De nombreux salariés se demandent s'ils perdent définitivement leurs jours non pris aux dates butoirs du 31 mai ou du 31 décembre. Les travailleurs disposent pourtant d'options pour ne pas s'asseoir sur leurs acquis.

Si vous ne parvenez pas à solder vos congés, vérifiez l'existence d'un Compte Épargne Temps (CET) au sein de votre entreprise. Ce dispositif permet de différer ces jours ou de les transformer en complément de rémunération, tout comme le rachat de jours de RTT qui reste possible sous certaines conditions en 2026. Le cadre légal protège davantage les travailleurs. 

Depuis l'adoption de la loi DDADUE du 22 avril 2024 et les arrêts de la Cour de cassation du 10 septembre 2025, les règles de report s'assouplissent considérablement en cas de maladie. Les salariés doivent utiliser cette clarté juridique pour réclamer l'application stricte de leurs droits auprès de leur employeur.

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