Après de multiples lettres de menaces envoyées directement à Emmanuel Macron, un père de famille vient d'écoper d'une amende de plusieurs milliers d'euros. Mais la peine aurait pu être bien plus lourde… Y compris pour des propos tenus sur internet.
AFP

Il menace le président de la République et écope d’une amende 4 000 euros : une peine modérée ?

"Nous allons te tuer", "prépare ta mort", "président pédale"… Ce sont ces propos, entre autres insultes et menaces, qui alourdissaient le papier des lettres qu’a reçu Emmanuel Macron tout au long du dernier trimestre 2018. Agacé parce qu’il estimait être des "insultes du président vis-à-vis des Italiens", ce père de famille s’est fendu de plusieurs missives "sans penser aux conséquences", rapporte Gala.

Grand mal lui a pris : il a été condamné à 4 000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Créteil. Pour autant, la peine aurait pu être bien plus lourde, explique maitre Guillaume Jeanson, avocat au barreau de Paris et porte-parole de l’Institut pour la Justice (IPJ), un think tank généralement marqué à droite.

"C’est dans le livre IV du code pénal, intitulé Des crimes et délits contre la nation, l’Etat et la paix publique, que l’on retrouve cette infraction. L’article 433-3 stipule que menacer une personne investie d’un mandat électif public de commettre un crime ou un délit à son encontre est passible de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende", détaille l’avocat. En pratique, le président de la République n’est pas le seul concerné : certains de ses proches, comme Brigitte Macron, sont également protégés par le texte. Il en va de même pour les magistrats, les jurés, les avocats, les officiers publics et ministériels, les gendarmes, les policiers et, d’une façon générale, des individus dépositaire de l’autorité publique.

"S’il s’agit de menace de mort, la peine théorique maximale est plus élevée : elle peut monter jusqu’à 5 ans d’incarcération et 75 000 euros d’amende. Toutefois, c’est quand les menaces visent à intimider ces personnes dans le but d’en tirer un quelconque profit que la sanction est la plus lourde. Dans ce cas, l’amende monte jusqu’à 150 000 euros et la détention peut durer jusqu’à 10 ans", précise le porte-parole de l’IPJ.

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