Affaire Apollonia : le couple, à l’origine d'une vaste escroquerie immobilière française, condamné à 7 ans de prison

Publié par Suruthi Srikumar
le 15/01/2026
Affaire Apollonia : les Alésiens, à l’origine de la plus vaste escroquerie immobilière française, condamnés à 7 ans de prison
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Le tribunal correctionnel de Marseille a rendu son verdict ce jeudi 15 janvier, condamnant Jean et Viviane Badache à sept ans de prison ferme pour avoir orchestré une fraude colossale ayant ruiné 720 victimes.

Ce jeudi 15 janvier, la justice a tranché dans l’affaire Apollonia, sanctionnant lourdement les responsables d’un système pyramidal sophistiqué qui a ruiné des centaines de foyers français. Le tribunal a reconnu la culpabilité des dirigeants de la société aixoise.

Une sanction exemplaire pour les organisateurs de la fraude

Le couperet est tombé pour Jean et Viviane Badache, désignés par l'accusation comme les « concepteurs, organisateurs et bénéficiaires » de la machination. Le tribunal correctionnel de Marseille a prononcé la condamnation de Jean et Viviane Badache à 7 ans de prison ferme. Si cette peine est assortie d'un mandat de dépôt différé, les juges ont ordonné l'exécution provisoire, signifiant que la peine est applicable immédiatement malgré d'éventuels appels.

Les conséquences de la condamnation dans l'affaire Apollonia pour le clan Badache sont aussi financières. Jean Badache écope d'une amende de 2,5 millions d’euros. Le tribunal a ordonné la confiscation de l'ensemble des biens saisis, immobilier, comptes bancaires, bijoux, pour une valeur totale estimée à 20 millions d’euros. Leur fils, Benjamin Badache, n'échappe pas à la justice : il est condamné à quatre ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique, ainsi qu'à 100 000 euros d'amende.

Un mécanisme d'endettement massif et dissimulé

Pour comprendre la sévérité du jugement, il faut rappeler le mécanisme de l'escroquerie immobilière Apollonia, qualifiée de « plus grande escroquerie immobilière et financière que la France ait jamais connue ». Le système reposait sur la vente de résidences services sous le statut de Loueur en Meublé Professionnel (LMP). La promesse était alléchante : se constituer un patrimoine « sans bourse délier » grâce aux loyers et aux avantages fiscaux. Dans les faits, la société a vendu plus de 5 200 logements entre 1997 et 2009.

Le piège se refermait via un stratagème d'« empilement » des crédits. Les dossiers étaient falsifiés pour obtenir plusieurs prêts simultanément auprès de banques différentes, à l'insu des clients. Le montant du préjudice dans l'affaire Apollonia illustre l'ampleur du désastre : il dépasse 1,2 milliard d’euros, avec des endettements individuels oscillant entre 800 000 et 4 millions d'euros. Le tribunal a également pointé le rôle des notaires et banques dans la fraude Apollonia, certains officiers ministériels ayant validé des actes à la chaîne sans respecter leur devoir de conseil.

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Des vies brisées par une rhétorique cynique

Que deviennent les victimes de la société Apollonia aujourd'hui ? Elles sont plus de 720 à se débattre depuis des années avec le surendettement et le harcèlement des huissiers. Lors des audiences, leur douleur a éclaté : « Ça fait 18 ans qu'on souffre, psychologiquement et matériellement », a témoigné l'une d'elles, rapporte France 3. Le tribunal a rappelé les drames personnels, évoquant même le suicide d'un père de famille.

Face à cette souffrance, l'attitude des prévenus a marqué les esprits. Jean Badache a nié l'escroquerie jusqu'au bout, blâmant la « cupidité » des investisseurs. Pourtant, les méthodes commerciales de la société étaient impitoyables. 

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