Dans la relation entre l'Etat et les élus locaux de Guadeloupe et de Matinique, ambiguïtés, doubles discours et faux-semblants restent légion. La question posée par le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, n'est pas dépourvue de sens.
Antilles : l’autonomie ne doit pas être un tabouAFP

Editorial du « Monde ». Une fois de plus, une fois encore, et certainement pas la dernière, les Antilles s’embrasent. Comme avant elles la Guyane, La Réunion ou Mayotte. A première vue, la crise actuelle, déclenchée par l’opposition au passe sanitaire et le refus de l’obligation vaccinale par une minorité des personnels soignants et des pompiers, n’a que peu à voir avec la grève générale qui avait paralysé la Guadeloupe et la Martinique début 2009 pendant un mois et demi. Cependant, les germes de la contestation sont identiques.

La question sociale reste, douze ans plus tard, toujours aussi aiguë : le taux de chômage atteint 20 % en Guadeloupe, 15 % en Martinique, un jeune actif de moins de 30 ans sur trois y est au chômage, le taux de pauvreté s’élève à 34 % en Guadeloupe et à 29 % en Martinique. La question institutionnelle reste, elle, en suspens : quel statut pour ces territoires colonisés au XVIIe siècle, marqués par la mémoire de l’esclavage et de l’Etat colonial, devenus départements français au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1946, et qui peinent depuis à trouver un modèle de développement ?

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