Retraites : une réforme inutile? Les chiffres du COR qui le laissent penserIstock
En plein lancement de la campagne pour les législatives anticipées, le rapport du Conseil d'orientation des retraites contient des résultats pour le moins explosifs.

Ces chiffres très attendus ne pouvaient pas mieux (ou plus mal) tomber. Le Conseil d’orientation des retraites doit dévoiler officiellement son rapport annuel jeudi 13 juin 2024. Mais, déjà, la version quasi définitive transmise à ses membres a fuité dans la presse. Principal enseignement : en dépit du recul de l’âge légal de départ à la retraite, le déficit des caisses de retraite continue de se creuser. D’après ces projections divulguées notamment par Le Monde, l’écart entre recettes et dépense atteindrait 0,4% du PIB en 2030, contre 0,2% d’après les dernières projections

Projection pessimistes

En outre, une nouvelle manière de présenter les résultats mettrait surtout en avant des projections pessimistes, tandis que les prévisions en matière de productivité seraient revues à la baisse. Or une plus forte productivité impliquer davantage de cotisations donc des recettes supplémentaires. Si les projections tablent sur une productivité moindre, ce sont donc des rentrées en moins de prévues

En avril, plusieurs syndicats craignaient déjà un tel scénario impliquant potentiellement une nouvelle réforme visant une fois encore à faire reculer l’âge de départ à la retraite pour pouvoir obtenir une pension à taux plein. 

Un enjeu majeur de la campagne pour les législatives ?

Ces informations sont dévoilées dans un contexte très particulier. En effet, la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron imposent la tenue de nouvelles élections législatives qui ont de fortes probabilités d’aboutir à l’élection d’un gouvernement hostile à la dernière réforme.

Si les programmes n’en sont encore qu’à l’état d’ébauche, le Rassemblement national tout comme les différents partis de gauche composant le “Front populaire” se sont déjà positionnés sur ce sujet. Il n’est pas tout exclu que la future Assemblée soit amenée à se prononcer sur un retour de l’âge légal à 62 ans, comme le détaille cet article de Capital. Autrement dit, s’il est un enjeu qui risque de se retrouver au cœur de la campagne politique express qui vient de s’ouvrir, c’est bien celui des retraites.