Tribune – Les retraites ne constituent qu'une goutte d'eau dans le déficit global français... Mais est-ce une raison pour ne pas réformer ? D'aucuns pourraient être tentés d'inviter le chef de l'Etat à faire vite et, peut-être, à profiter de l'été. Philippe Crevel, économiste, n'est pas de cela.
Retraite : alors réforme ou pas réforme ?Istock
Sommaire

Philippe Crevel est macroéconomiste, spécialiste des questions relatives aux retraites et à l'épargne. Il dirige aujourd'hui le Cercle de l'Epargne.

À l’occasion de son intervention télévisée du 12 juillet dernier, le Président de la République Emmanuel Macron a annoncé que la réforme des régimes de retraite donnerait lieu à un nouveau cycle de discussion entre le gouvernement et les partenaires sociaux à partir du mois de septembre. Il a réaffirmé son souhait de supprimer pour l’avenir les régimes spéciaux et de repousser l'âge de départ à la retraite, sans cependant donner d'âge précis. Il n'a pas donné non plus de date butoir pour la validation de la réforme, et a précisé qu'elle ne serait pas engagée tant que l'épidémie de Covid-19 ne serait pas sous contrôle.

Au niveau de la réforme des retraites, deux points doivent être distingués, l’équilibre des comptes et la recherche d’une plus grande équité. Ces deux points sont certes interdépendants, mais ne s’inscrivent pas dans une même logique.

Rien ne justifie que les prochaines générations aient à supporter les dépenses sociales du passé

La question du rééquilibrage des comptes est légitime. Rien ne justifie, en effet, que les prochaines générations aient à supporter des dépenses sociales du passé même si dans les faits les déficits sont avant tout pris en charge par les épargnants qui directement ou indirectement acquièrent des obligations. La crise sanitaire a entraîné une dérive du déficit des retraites à hauteur de 0,4 point de PIB. Si les pouvoirs décidaient d’assainir les comptes publics, ils risqueraient de mettre en danger la reprise. De toute façon, les retraites ne constituent qu’un goutte d’eau dans le déficit qui devrait s’élever, en 2021, pour la deuxième année consécutive les 9 % du PIB.

Cet article vous a intéressé ?

Découvrez encore plus d'actualités,
en vous abonnant à la newsletter de Planet.

Votre adresse mail est collectée par Planet.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.