Le chef de l'Etat et son équipe exécutive travaillent aujourd'hui à une nouvelle réforme de l'automobile ; visant à interdire l'accès de certains véhicules jugés trop polluants à certaines zones du pays. De quoi déclencher d'incroyables émeutes d'ici à septembre ? Explications.
ZFE : la nouvelle mesure auto du gouvernement qui pourrait pousser les Français à la révolte ?IllustrationAFP

Ils sont nombreux à s'y être essayés… avant de s'y casser les dents. Plusieurs figures de la politique française ont, en effet, tenté de réformer l'univers de l'automobile d'une façon ou d'une autre. Récemment encore, Emmanuel Macron devait faire face à la colère des usagers de la route auxquels il comptait imposer une hausse de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE). Les manifestants, tous habillés d'une chasuble de haute visibilité, se faisaient alors appelés les "Gilets jaunes". A plus d'une reprise, ils sont montés jusqu'à la capitale où de nombreuses rixes avec les forces de l'ordre ont fait plus de 2 500 blessés, d'après Amnesty. Lors de la précédente mandature, c'est Ségolène Royale qui essuyait l'ire des Bonnets rouges bretons, qui protestaient contre la taxe poids lourds, les plans sociaux dans l'agroalimentaire ainsi que l'écotaxe pour laquelle militait la ministre. Leur mobilisation a su faire ployer le gouvernement d'alors, que dirigeait Manuel Valls.

De toute évidence, Emmanuel Macron n'a pas (beaucoup) appris de ses erreurs. En effet, il travaille aujourd'hui à l'élaboration d'une nouvelle réforme susceptible de pousser bien des automobilistes dans la rue, si elle était amenée à voir le jour. Du moins, c'est ce que soutient Pierre Chasseray, délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes, contacté par Planet. Selon lui, si rien n'est fait, la situation est irrémédiablement amenée à déraper. Potentiellement plus qu'elle ne l'a jamais fait jusqu'à présent. Mais à partir de quand ?

Réforme de la ZFE : de quoi parle-t-on ?

Commençons par poser les bases : la réforme qui pourrait pousser certains français à l'émeute concerne, une fois n'est pas coutume, l'automobile. Néanmoins, il n'est plus question de taxe ou de hausse de tarifs du carburant. Et pour cause ! L'exécutif veut, cette fois, mettre en place des zones dans lesquelles certains véhicules, jugés polluants, ne seront pas en mesure de circuler.

On parle alors de "ZFE", pour "Zone à faible émission", informe le gouvernement sur son site. Elles "consistent à restreindre progressivement la circulation des véhicules polluants selon leur vignette Crit'Air (ou certificat qualité de l'air)", peut-on lire sur la plateforme officielle. "Elles visent notamment à accélérer le rajeunissement du parc de véhicules circulant, diminuer les émissions de polluants atmosphériques liées au trafic routier, réduire le nombre de personnes exposées à la pollution de l'air, encourager le développement de nouvelles mobilités", y est-il encore écrit.

"C'est une zone à forte exclusion", tranche d'entrée de jeu Pierre Chasseray, qui ne cache pas une seule seconde combien l'idée lui déplait. "On interdit aux gens de rouler, s'ils n'ont pas les moyens de changer de véhicule. Cette mesure est dictée par une certaine forme d'extrémisme égoïste et hypocrite puisqu'elle est poussée par des écolo-bobos parisiens qui ne veulent pas de la voiture des autres sous leurs fenêtres mais qui n'hésitent pas une seule seconde à aller polluer chez les autres", s'agace-t-il. Et d'affirmer qu'une pareille réforme renverrait probablement les manifestations de gilets jaunes à un jeu de cour d'école…

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