Procès de Marine Le Pen : une condamnation "serait profondément inquiétante", estime Jordan Bardella
C'est une prise de parole offensive à quelques heures d'une échéance judiciaire majeure. Lors de ses vœux à la presse, Jordan Bardella n'a pas éludé le sujet brûlant qui préoccupe son camp : l'ouverture, ce mardi 13 janvier, du procès en appel de l'affaire dite des assistants parlementaires du Front national. L'enjeu est colossal, car Marine Le Pen joue ici bien plus que sa réputation : c'est sa participation à la prochaine course à l'Élysée qui est sur la table.
Jordan Bardella a estimé, lundi 12 janvier 2026, qu’une condamnation judiciaire empêchant Marine Le Pen de se présenter à l’élection présidentielle de 2027 "serait profondément inquiétante pour la démocratie". Le président du Rassemblement national s’exprimait lors de ses vœux à la presse, en soutien à l’ancienne dirigeante du parti.
Une inéligibilité perçue comme une menace démocratique ?
Pour Jordan Bardella, la question dépasse le simple cadre légal pour toucher aux fondements de la souveraineté populaire. Il insiste sur le fait que "la démocratie suppose le libre choix du peuple", un choix qui ne devrait souffrir, selon ses mots, d'aucune "entrave ni acte de déloyauté".
Le président du parti souligne d'ailleurs l'importance politique de l'accusée, rappelant qu'elle s'est qualifiée deux fois pour le second tour. Dans cette optique, l'impact d'une inéligibilité sur l'élection présidentielle 2027 serait sismique. Le RN conteste vivement la logique de la première condamnation, estimant que l'exécution provisoire de la peine d'inéligibilité avait été prononcée non pas pour prévenir une récidive, mais précisément parce que Marine Le Pen est "en capacité de gagner la prochaine élection".
Marine Le Pen : candidate incontournable pour le RN ?
La ligne de défense politique est tracée : présenter l'ancienne présidente du parti comme la seule alternative crédible. Jordan Bardella n'hésite pas à décrire Marine Le Pen favorite incontestée du scrutin présidentiel 2027, une stature qui, selon lui, rendrait son exclusion du jeu politique incompréhensible pour "des millions de Français".
Cette rhétorique vise à mobiliser l'opinion publique alors que les conséquences du procès en appel de Marine Le Pen sur 2027 pourraient redessiner totalement le paysage politique français. Le parti joue donc la carte de la légitimité électorale face à la sanction judiciaire, espérant que le poids des urnes pèsera dans la balance médiatique durant les semaines d'audience à venir.
Quelle stratégie de défense face aux juges ?
Au-delà des tribunes politiques, c'est bien dans un tribunal que tout va se jouer. Le soutien de Jordan Bardella à Marine Le Pen avant le procès est total : il a tenu à lui réaffirmer son "amitié" et sa certitude qu'elle saura "démontrer son innocence à l'évidence". "Ce procès ne paralysera pas le temps politique et le calendrier du RN. Nous allons continuer à mener campagne", a-t-il néanmoins assuré, rapporte Ouest-France.