En parlant de gastronomie française, Fabien Roussel s'est attiré les foudres d'une partie de la gauche. Celle-là même qui censurerait bien volontiers les sujets qui lui déplaisent, d'après André Bercoff.
Présidentielle 2022 : "Heureusement, les censeurs sont encore minoritaires, sinon nous serions en Corée du Nord"Istock
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Journaliste et écrivain, André Bercoff exerce notamment à Sud-Radio. Il est l’auteur de nombreux livres écrits en son nom ou sous pseudonyme, tels que Le retour des peuples (ed. Hugo Doc) ou Précis de décomposition française (ed. Albin Michel). 

Planet : Fabien Roussel est aujourd'hui sous le feu des critiques d'une partie de la gauche pour avoir pris la défense de la gastronomie française, déclarant que "Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage : c'est la gastronomie française". D'aucuns, à gauche, lui reprochent en effet une certaine déconnexion quand d'autres jugent certains thèmes tabous de la présidentielle. Y a-t-il effectivement des sujets que l'on ne peut plus aborder ?

André Bercoff : Fabien Roussel n’a pas seulement été taxé de déconnexion : il a été traité de raciste, de fasciste et même de suprémaciste blanc après ses déclarations sur la gastronomie française. Comment peut-on encore se contenter de demander si des sujets sont devenus inabordables ? Fort heureusement, il ne sont pas tabous. Nous sommes encore en démocratie et il est toujours possible d’en parler, mais aux yeux d’une partie de la population, ils devraient l’être. Selon eux, il y a des idées et des opinions que l’on ne peut avoir. Ils fonctionnent presque comme des sectes, avec d’un côté les défenseurs du "temple de l’ordre solaire" qui réunit les "wokistes" et les garants de la "cancer"-culture (puisque la cancel-culture est un vrai cancer) et de l'autre "l'ordre des adorateurs des moustiques". Ce ne sont pas les seuls groupes mais tous ont un point en commun : ils refusent d’entendre et de discuter avec qui que ce soit qui ne serait pas d’accord avec eux.

Sujets tabous : nous aurions pu vivre dans un régime similaire à la Corée du Nord, estime André Bercoff

Heureusement, ces gens-là sont encore minoritaires. Autrement, nous serions en train de vivre dans un régime effrayant, qui ressemblerait à certains égards à ce que l’on trouve en Corée du Nord. Mais nous n’y sommes pas et j’espère que nous n’y serons jamais. Cela fait longtemps que de telles tentations existent, puisque ce qui se passe aujourd’hui est assez comparable avec ce qu’a vécu Galilée ou avec les réactions que l’on pouvait observer par le passé chez ceux qui niaient l’existence de camps de travail en URSS. Eux aussi insultaient leurs contradicteurs et s’enfermaient dans leurs certitudes. Pourtant, Nietzsche l’a dit, c’est la certitude qui rend fou. Pas le doute. 

Ils ne peuvent pas tolérer la réalité du monde et donc chargent l’autre de tous les vices. Ce serait presque comique si ce n’était pas attristant et affligeant. La situation peut très mal tourner.

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