Le plus grand exercice militaire français depuis la Guerre Froide aura lieu en février

Publié par Matthieu Chauvin
le 23/01/2026
Hélicoptères armée française
Istock
La France lance "Orion 26", une manœuvre militaire d’une ampleur inédite depuis la fin de la Guerre Froide, mobilisant 12 500 soldats et une flotte massive de drones pour simuler un conflit majeur sur le territoire national. Emmanuel Macron entend ainsi démontrer qu'il faut que les grandes puissances cessent de dédaigner notre pays.

Du 8 février au 30 avril prochain, l'armée française va changer d'échelle. Dans un contexte géopolitique mondial tendu, le ministère des Armées organise l'exercice interarmées et multinational "Orion 26", révèle Le Parisien. Ce n'est pas un simple entraînement de routine, mais une véritable démonstration de force et de logistique qui va se dérouler sur une large partie du territoire, impliquant la population civile et de nombreuses administrations.

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Cet événement vise à tester la capacité des troupes tricolores à entrer en premier sur un théâtre d'opération et à soutenir un combat dur dans la durée. Voici ce qu'il faut savoir sur ce dispositif exceptionnel qui va rythmer le printemps 2026.

Un déploiement massif dans 15 départements

L'ampleur des moyens engagés qualifie cet événement comme le plus grand exercice de l'armée française depuis la Guerre Froide. Au total, ce sont 12 500 militaires qui seront mobilisés, dont des forces alliées venues de 24 nations partenaires, principalement européennes, mais aussi américaines et canadiennes. Cette coalition s'entraînera sur un scénario complexe nécessitant une coordination parfaite entre terre, air, mer et cyberespace.

Si vous habitez dans l'Ouest ou le Nord-Est, vous pourriez être témoins de ces mouvements. Il est essentiel de bien noter les dates et zones des manœuvres pour anticiper d'éventuelles perturbations. La première phase se déroulera sur la façade atlantique, notamment sur les plages du Morbihan, simulant un débarquement allié. Dans un second temps, l'effort se concentrera sur le nord-est de la France, où se situent les grands camps d'entraînement comme celui de Mailly-le-Camp ou de Suippes.

L'armada déployée est colossale : 140 aéronefs sillonneront le ciel et 25 navires seront en mer. À ce titre, la Marine nationale mettra en avant le rôle du porte-avions Charles de Gaulle, véritable base aérienne flottante chargée d'assurer la supériorité aéromaritime face à une force adverse simulée.

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L'ère des drones et de la haute intensité

L'objectif affiché par l'État-major est de préparer les troupes à la "haute intensité." Ce concept désigne un affrontement direct avec un ennemi à parité, disposant de moyens technologiques équivalents. Le scénario, bien que fictif, s'inspire des retours d'expérience du conflit en Ukraine, comme le rapporte le quotidien. Il s'agit pour la France de prouver la crédibilité de son armée face à un conflit majeur, capable d'encaisser le choc et de durer.

La technologie sera au cœur des opérations. L'une des grandes nouveautés réside dans l'utilisation massive de systèmes télépilotés. Pour mesurer l'évolution des tactiques, il suffit de voir combien de drones seront engagés : pas moins de 1 200 unités de tous types. Ces appareils serviront au renseignement, à la surveillance, mais aussi à la saturation des défenses adverses, reflétant la réalité des guerres modernes.

Des manœuvres en terrain libre et visible

Contrairement aux entraînements classiques confinés dans des camps militaires clos, cet exercice militaire se déroulera en partie en "terrain libre." Cela signifie que des colonnes de blindés et des troupes circuleront sur les routes départementales et à travers les campagnes de la quinzaine de départements concernés.

Cette visibilité est volontaire. Elle répond à un besoin de réalisme pour les soldats, qui doivent apprendre à manœuvrer au milieu de la population civile, mais elle envoie aussi un signal stratégique fort. En intégrant la réserve opérationnelle et en mobilisant douze ministères pour la gestion de crise, l'opération teste la résilience globale de la nation. Comme le précise le ministère des Armées, l'acronyme ORION signifie "Opération de grande envergure pour des armées Résilientes, Interopérables, Orientées vers le combat de haute intensité et Novatrices."

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