Hollande dénonce Macron : narcissisme, mensonges et trahison dévoilés
Ce divorce politique est bien plus qu'une simple rivalité d'ego : c'est l'histoire d'une rupture fondatrice qui a rebattu les cartes de la Ve République.
Pour l'ancien président, la blessure est double : elle est personnelle, celle d'une confiance trahie, mais aussi idéologique. L'analyse sans concession que François Hollande livre aujourd'hui de son successeur révèle la nature profonde de cette amertume persistante.
Une ambition secrète et un double jeu dévastateur
Tout se joue dans la genèse de la rupture Hollande Macron en 2016. Le climat est alors électrique : ministre de l'Économie, Emmanuel Macron multiplie les initiatives personnelles et les déplacements médiatiques, s'affranchissant visiblement de son cadre gouvernemental.
Le point de bascule survient le 6 avril 2016 avec le lancement surprise du mouvement "En Marche!" à Amiens, alors même qu'il siège encore au gouvernement Valls II.
Malgré cette émancipation publique, le futur candidat continue d'assurer ses arrières auprès du chef de l'État. Ce "double jeu" est perçu par François Hollande comme la "dissimulation" suprême.
Dans son ouvrage Les Leçons du pouvoir, l'ancien président revient sur cette démission d'août 2016, jugée calculée. La rancœur de François Hollande envers Emmanuel Macron ne réside pas tant dans le départ que dans la méthode : cette préparation "en catimini" de la succession par un homme qui lui devait tout.
L'analyse cinglante d'un narcissisme supposé
François Hollande ne s'arrête pas aux faits politiques ; il dresse une analyse du narcissisme de Macron particulièrement sévère. Selon lui, son successeur ne serait pas mû par un véritable projet de société hérité de la gauche, mais par le désir d'occuper le pouvoir. Il "aime jouer un rôle", affirme l'ex-chef de l'État, dénonçant une instrumentalisation de l'interlocuteur.
La critique est chirurgicale. François Hollande décrit une technique bien rodée : "Savoir séduire son interlocuteur en devinant vite ce qui sera agréable à son oreille. […] Pour lui, une volonté clairement affirmée et beaucoup de séduction pourvoient à tout. C'est sa méthode", confie-t-il dans ses mémoires.
Ce constat est d'autant plus amer qu'il émane de celui qui l'a fait roi. Emmanuel Macron, ancien Secrétaire général adjoint de l'Élysée puis ministre, a été formé par Hollande. Celui qui l'appelait parfois affectueusement "mon petit banquier" considère qu'en brisant la loyauté politique, Macron a confirmé son "narcissisme" et renié les valeurs collectives.
L'impact indélébile sur l'héritage socialiste
Cette trahison intime a eu un impact majeur via la rupture Hollande Macron sur la gauche française. Le départ fracassant du ministre a agi comme un catalyseur, signalant que le centre de gravité politique se déplaçait et rendant le Parti Socialiste obsolète. François Hollande perçoit le triomphe de 2017 comme le constat d'échec de son propre quinquennat.
L'enjeu est désormais mémoriel. Le succès d'Emmanuel Macron tend à occulter l'œuvre du président qui l'a nommé. En maintenant ses critiques constantes, François Hollande cherche à rétablir sa vérité historique. Il tente de dénoncer le "vol" de son héritage et de son électorat par une stratégie qu'il juge fondée sur l'illusion.