Fin du vin à l’Assemblée ? Les députés pourraient bientôt être privés d’alcool pour limiter les dépenses

Publié par Suruthi Srikumar
le 05/11/2025
Fin du vin à l’Assemblée ? Les députés pourraient bientôt être privés d’alcool pour limiter les dépenses
abacapress
Lafargue Raphael/ABACA
Le député Génération.s Emmanuel Duplessy a rendu public un rapport interrogeant la vente d’alcool à la buvette de l’Assemblée nationale et le remboursement de ces dépenses au titre des frais de mandat, au nom de l’exemplarité des élus.
 

En 2024, la buvette de l’Assemblée nationale a réalisé environ 100 000 euros de chiffre d’affaires grâce à la vente d’alcool. Selon le rapport du député Génération.s Emmanuel Duplessy, rendu public en novembre 2025, près de 90 % de cette somme auraient été remboursés au titre des frais de mandat parlementaire.

Face à ces chiffres, une proposition explosive vient agiter le Palais Bourbon, avec la recommandation officielle d'interdire la vente d'alcool à la buvette de l'Assemblée nationale. L'initiative, portée par le député écologiste vise à renforcer "l'exemplarité" des élus. Au-delà de cet aspect, cette mesure remet en lumière l'utilisation des frais de mandat parlementaires, financés par l'impôt.

Que contient la proposition d'Emmanuel Duplessy ?

La proposition d'Emmanuel Duplessy, rapporteur (Génération.s) des crédits de la mission "Pouvoirs publics", est formulée en deux temps. D'une part, elle préconise de proscrire purement et simplement la vente de toutes les boissons alcoolisées au bar-restaurant de l'Assemblée. D'autre part, elle demande d'exclure formellement l'achat d'alcool de l'Avance de Frais de Mandat (AFM), y compris lors des repas pris à l'extérieur de l'hémicycle dans le cadre des fonctions de député.

Un souci d'exemplarité et un coût symbolique

Pour justifier cette initiative, le rapport parlementaire invoque une "mesure d'exemplarité" nécessaire, comme le rapporte La Nouvelle République. Le document souligne que la consommation d'alcool est en principe interdite sur les lieux de travail en France, et dénonce ce que le député qualifie de "survivance de certains passe-droits" pour la classe politique, selon des propos relayés par le quotidien. Il compare cette situation à celle d'un député fumeur, pour qui le financement des cigarettes ne serait évidemment pas pris en charge.

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Une décision finale entre les mains du Bureau de l'Assemblée

Cette proposition divise les députés. "On peut boire un verre de vin par jour lors d’un repas. Je ne trouve pas que c’est excessif. C’est purement le type de proposition que j’estime démagogique", dénonce Hubert Brigand, élu Les Républicains de Côte-d’Or, rapporte TF1 Info. De son côté, Mathilde Feld, députée La France insoumise de Gironde, y voit au contraire un sujet légitime : "Les séances de nuit sont souvent un peu moins cohérentes que les séances de jour. C’est peut-être dû à quelques dérives à la buvette. En tout cas, c’est une question qui mérite d’être posée." 

Cette interdiction ne paraît pas prioritaire aux yeux de l’insoumis Hadrien Clouet. "Personnellement, je suis d’autant plus tranquille que je ne consomme pas une goutte d’alcool. Je suis au boulot, moi. Si je bois de l’alcool, c’est avec mes potes. Je pense que le sujet, c’est la prévention", indique-t-il chez RTL.

Destinée à couvrir les dépenses strictement liées à l'exercice de leurs fonctions, cette enveloppe a pour but de garantir que l'argent public ne soit pas détourné pour des dépenses personnelles. L'interdiction proposée vise ainsi à renforcer la transparence et la confiance entre les citoyens et leurs représentants. Reste à savoir si la majorité et le bureau de l’Assemblée décideront de donner suite à cette proposition.

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