Bruno Retailleau : chasse aux squatteurs et libéralisme, son plan radical pour le logement

Publié par Matthieu Chauvin
le 28/05/2026
Bruno Retailleau
abacapress
© Blondet Eliot/ABACA
En déplacement à Maisons-Alfort ce 28 mai 2026, Bruno Retailleau a présenté un plan de rupture libérale destiné à sortir le marché du logement de son immobilisme actuel.

Le candidat Les Républicains pour l'élection présidentielle de 2027 a décidé d'axer une partie de sa campagne, outre la lutte contre l'immigration, sur la crise immobilière qui frappe le pays. Face à un secteur qu'il estime totalement sinistré, il avance une série de propositions destinées à relancer rapidement la construction et à soulager les finances des ménages français.

Bruno Retailleau lance la bataille des mètres carrés

Le prétendant de la droite a délibérément choisi le département du Val-de-Marne et la ville de Maisons-Alfort pour détailler sa vision du marché immobilier. Lors de ce déplacement, il a fermement pointé du doigt un secteur complètement à l'arrêt, comme le souligne Le Monde. Ce constat s'appuie sur des données alarmantes : entre 2017 et 2024, la Fédération Française du Bâtiment (FFB) a enregistré un effondrement spectaculaire des mises en chantier. Celles-ci ont violemment chuté, passant de plus de 400 000 par an à moins de 290 000 en 2024. 

Cette période signe une baisse historique de la production de logements neufs sur l'ensemble du territoire national. Pour enrayer cette spirale négative, la philosophie du projet s'articule autour d'une politique de l'offre assumée. Le candidat souhaite rompre avec l'approche législative actuelle, qu'il juge beaucoup trop restrictive et particulièrement punitive envers les propriétaires.

Vers une dérégulation massive du marché immobilier

Pour relancer l'activité, le programme prévoit d'abord la fin des multiples verrous administratifs. Il exige notamment l'abrogation immédiate du dispositif d'encadrement des loyers. Cette réglementation est dénoncée par le candidat comme un frein majeur à l'investissement locatif privé, rapportent Les Echos

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Parallèlement, face à la grave pénurie de biens disponibles à la location, Bruno Retailleau suggère un report sine die des interdictions découlant du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Il resterait obligatoire, mais purement informatif d'après CNews. "Ce sont près de 450.000 logements que cette politique permettrait de préserver ou de remettre à disposition des Français", a déclaré l'ex-ministre de l'Intérieur.

L'article phare de la loi Climat et Résilience, qui planifiait l'interdiction de louer les passoires thermiques classées G dès le 1er janvier 2025, disparaîtrait. "Nous devons libérer les propriétaires de la camisole de force administrative qui bloque le marché", a-t-il déclaré lors de son intervention, selon l'AFP. Enfin, la stratégie immobilière intègre une remise en cause directe du principe Zéro Artificialisation Nette (ZAN). Conçu pour limiter l'étalement urbain, ce texte est aujourd'hui accusé de bloquer l'action des maires et d'entraîner une flambée spectaculaire du prix des terrains constructibles.

Vers une révolution d'accès au logement social ?

Selon CNews, Bruno Retailleau veut strictement réguler l'accès au logement social. Il doit être accordé en priorité "à ceux qui travaillent", aux "familles et ménages modestes", tout en "une étape dans le parcours résidentiel plutôt qu’un statut permanent."  De même, cet accès "sera limité aux ménages dont les ressources sont inférieures ou égales au cinquième décile, soit environ 25 000 euros annuels pour une personne seule." 

Ce que ces mesures changeraient pour les Français

Sur le plan financier, l'axe principal réside dans un soutien massif à l'acquisition. Le projet prévoit le retour de la déductibilité des intérêts d'emprunt immobilier pour les familles. Cette disposition fait écho à la loi TEPA votée en 2007 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, et vise à solvabiliser des ménages durement frappés par la hausse des taux de crédit, indique La Tribune

La sécurité des propriétaires forme le second pilier de ce programme de relance. L'équipe du candidat promet une politique de tolérance zéro face aux squatteurs, assortie de procédures d'expulsion accélérées pour rassurer les bailleurs hésitants, relève Le Figaro. Pour concrétiser le choc de construction promis, une loi d'urgence serait déposée dès l'élection. Ce texte aura pour but de réduire drastiquement les délais de recours contre les permis de construire, tout en simplifiant les lourdes normes environnementales et d'accessibilité qui pèsent sur les promoteurs.

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