Élu homme politique de l'année par le magazine GQ, le maire de Bordeaux voit une véritable "Juppémania" envahir la presse. Et si, au fond, c'était lui la rockstar de l'UMP ?
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Toutes les planètes semblent parfaitement alignées pour Alain Juppé. Élu homme politique de l’année par le magazine GQ, celui qui faisait la couverture des Inrocks la semaine dernière semble au top de sa forme. Les sondages lui sourient, la presse salue sa personnalité et même la plus fidèle des sarkozystes, Nadine Morano s’est permise de louer les qualités d’"homme d’Etat" du maire de Bordeaux.

Au-dessus de la mêlée, Alain Juppé paraît loin des postures que nécessite la conquête d’appareil à l’inverse de Nicolas Sarkozy qui, à l’image de ses déclarations sur le mariage gay, s’est résolu à se livrer à des manœuvres électoralistes.

De jour en jour, le retour en politique de Nicolas Sarkozy ne semble pas produire pas les effets escomptés. Et si c’était Alain Juppé la véritable rockstar de l’UMP ?

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Épargné par les affaires qui minent l’UMP (Jouyet-Fillon, Bygmalion etc.), Alain Juppé jouit d’une confortable avance sur son adversaire pour 2017, Nicolas Sarkozy. En effet, un récent sondage Ifop portant sur le meilleur candidat de la droite en 2017 le place à 15 points devant l’ancien président (36% contre 21%). En outre, ce résultat regroupant l’ensemble des Français a progressé de 7 points en un mois.

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Ce faisant, 59% des Français l’estiment sympathique selon la même enquête (devançant de 20 points Nicolas Sarkozy sur cette question). S’étant déclaré favorable à l’adoption pour les couples de même sexe, Alain Juppé s’est attiré la bienveillance d’une part de l’électorat de gauche également rassuré par ses velléités centristes. Dans le détail, le dernier baromètre Ifop-Paris Match montre que le maire de Bordeaux récolte 68% de bonnes intentions chez les sympathisants EELV et 67% du côté PS. Une "Juppémania" naissante qui fait réagir Marion Maréchal Le Pen qui a raillé le côté "gaucho-compatible" d’Alain Juppé.

À droite, Sarkozy a toujours la cote

Si tous les feux sont au vert pour Alain Juppé du côté gauche de l’échiquier politique, à droite, le champion toutes catégories des sympathisants s’appelle toujours Nicolas Sarkozy. En effet, l’ancien locataire de l’Elysée jouit d’une confortable avance (52% contre 33%) sur l’opinion UMP. Or, le candidat déclaré à la primaire de 2016 a progressé de 5 points en un mois sur ce score alors que celui de Nicolas Sarkozy accuse depuis septembre une perte de 7 points.

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Si la "Juppémania" semble jouer en faveur du maire de Bordeaux, plusieurs analystes s’accordent à dire que c’est Nicolas Sarkozy qui récoltera les fruits de sa stratégie très centrée sur les préoccupations UMP. Interrogé par l’AFP, un conseiller politique de l’UMP explique : "cela peut paraître un peu risqué de jouer la deuxième partie avant la première (…), rassembler largement avant de réunir d’abord son camp pour la première étape qu’est la primaire".

En effet, l’histoire de la Veme république est jalonnée des dépouilles politiques de ceux qui, partis trop tôt, sont passés du "spirituel" au "temporel", alors que le bon sens en sciences politiques suggère de faire l’inverse. Mais malgré ça, d’autres données laissent entendre qu’Alain Juppé pourrait avoir d’autres cartes à jouer.

La posture du rassembleur

Alors qu’il fait figure de vieux sage, Alain Juppé n’en paraît pas moins moderne. Selon les propos qui lui sont prêtés par Le Canard Enchaîné, l’intéressé se gausse d’avoir ringardisé celui qui se moquait de son âge. "Sarko ironisait sur mon âge, me traitait de vieux, mais avec sa glissade sur le mariage homosexuel, c’est lui qui apparaît comme ringard et conservateur" aurait confié le maire de Bordeaux avant d’ajouter rieur "Merci Sarkozy !". C’est bien pour se poser en rassembleur qu’Alain Juppé formule des propositions largement moins clivantes que son adversaire.

Et à ce jeu, les intentions du maire de Bordeaux sont claires : "Ça se jouera sur la personnalité et la confiance que les Français accorderont à l'un ou à l'autre" a-t-il confié au Figaro avant d’ajouter :"Il ne faut pas opposer les Français les uns aux autres mais au contraire les réunir autour des valeurs fondamentales de la République".

Autant de principes qui ne correspondent pas exactement aux dernières déclarations de Nicolas Sarkozy…

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