Guillaume Durand : quand Belmondo a failli lui "casser la gueule"
C'est une séquence télévisée qui a surpris les téléspectateurs de France 2. Habitué à cuisiner les politiques et les artistes, Guillaume Durand s'est retrouvé de l'autre côté du miroir sur le plateau de Léa Salamé. Entre souvenirs nostalgiques et confidences inédites, l'ancien présentateur de Nulle part ailleurs a levé le voile sur une période de sa vie bien éloignée des studios de télévision. Avant de devenir une figure incontournable du petit écran, il arpentait les couloirs des lycées parisiens, craie à la main.
Cette incursion dans le passé a permis d'exhumer une histoire digne d'un scénario d'Audiard, mêlant littérature, insolence et gros bras du cinéma français. Une époque où la plume acerbe du futur journaliste se heurtait déjà aux egos, parfois avec fracas.
Comment Guillaume Durand s'est-il retrouvé professeur de Paul Belmondo ?
Bien avant les projecteurs, la carrière de professeur d'histoire de Guillaume Durand l'a conduit dans les années 1970 au cours de l'Estrapade. Cet établissement privé parisien n'était pas un lycée comme les autres : il était réputé pour accueillir les enfants de la haute société et les rejetons de célébrités, souvent en délicatesse avec le système scolaire classique.
C'est dans ce contexte particulier que le jeune enseignant a vu débarquer dans sa classe un élève au patronyme illustre : Paul Belmondo. Si le fils de "l'As des As" cherchait sans doute à se faire discret, c'était sans compter sur le style déjà très tranché de son professeur, peu enclin à la complaisance, même face aux héritiers du cinéma français.
Quelle appréciation a mis le feu aux poudres ?
L'incident est né d'un bulletin scolaire. Guillaume Durand, maniant déjà l'art de la formule choc, n'a pas résisté à l'envie de faire un bon mot littéraire pour qualifier le travail de son élève. Cette anecdote révèle un sens de la provocation précoce.
"J'avais mis sur son bulletin, parce que j'aimais beaucoup Buzzati : 'Le désert sans les Tartares'", a-t-il confié avec un sourire en coin à Quelle époque !. Une référence directe au chef-d'œuvre de l'écrivain italien Dino Buzzati, suggérant subtilement un vide sidéral ou une attente vaine de résultats. Si la métaphore était intellectuellement brillante, l'appréciation de Guillaume Durand sur le bulletin de Belmondo n'a pas du tout été goûtée par la famille de l'élève.
Pourquoi Charles Gérard a-t-il voulu en découdre ?
La réponse du clan ne s'est pas fait attendre, mais elle n'est pas venue de là où on l'attendait. La réaction de Jean-Paul Belmondo aux notes de son fils a été déléguée à son plus fidèle lieutenant. Ce n'est pas la star qui s'est déplacée, mais son ombre, son ami de toujours, l'acteur au nez cassé Charles Gérard.
Le récit de la confrontation entre Charles Gérard et Guillaume Durand est digne d'une scène de film. "Charles Gérard a débarqué dans la cour de récréation pour me casser la gueule", raconte le journaliste. Cette intervention musclée illustre parfaitement l'indéfectible amitié entre ce dernier et Jean-Paul Belmondo : une loyauté sans faille où l'on protège les siens, quitte à intimider un jeune prof d'histoire trop zélé. Heureusement, le coup de poing est resté en suspens.
Quel souvenir en garde Guillaume Durand aujourd'hui ?
Malgré cette entrée en matière houleuse, le temps a apaisé les tensions. Les révélations de Guillaume Durand se teintent aujourd'hui d'une grande tendresse. Loin de garder rancune, le journaliste exprime une admiration intacte pour Paul Belmondo, devenu un homme d'une "grande élégance", et pour son père.
"Belmondo était quelqu'un que j'adorais par-dessus tout", conclut-il, prouvant que même les pires bulletins scolaires peuvent déboucher sur des souvenirs impérissables.