Grandes marées coefficient 99 + crues : vigilance orange en Gironde et Charente-Maritime, risques d'inondations majeures
Météo-France maintient son alerte pour ces deux départements de la façade atlantique. La rencontre entre des fleuves gonflés par les pluies récentes et un pic de marée exceptionnel crée une situation tendue qui doit durer jusqu'à jeudi. Les autorités appellent à la plus grande prudence face à ce cocktail météorologique redouté, rappelant la fragilité de certaines zones côtières.
Une vigilance accrue sur le littoral
Le risque s'intensifie sur la côte Ouest. Météo-France a placé la Gironde (33) et la Charente-Maritime (17) en vigilance orange pour des risques combinés de crues et de submersion côtière (vagues-submersion). Cet épisode critique s'étend du lundi 2 au jeudi 5 février 2026. Le danger atteint son paroxysme lors des pleines mers de mardi 3 et mercredi 4 février, portées par un coefficient de marée très élevé de 99.
Ce phénomène impacte directement les zones estuariennes et les secteurs sous influence maritime. Les bassins de la Charente et de la Seudre subissent déjà une forte pression. Des débordements sont observés ou imminents, particulièrement dans les secteurs de Saintes et aux alentours de Saujon. L'Estuaire de la Gironde, point de rencontre de la Garonne et de la Dordogne, reste également sous surveillance stricte face à ces conséquences de l'alerte orange crues et grandes marées.
Le phénomène mécanique du refoulement
Cette situation résulte d'un mécanisme hydrologique bien connu des services de l'État : le « refoulement ». Les fortes précipitations des jours précédents ont gonflé les cours d'eau, qui cherchent à s'évacuer vers l'océan. Or, le pic des grandes marées coefficient 99 agit comme un mur d'eau.
Lors de la pleine mer, le niveau de l'océan s'élève suffisamment pour bloquer l'écoulement normal des fleuves. Cet effet bouchon empêche les rivières de se déverser et les force à déborder en amont. L'Estuaire de la Gironde et les marais charentais amplifient cet effet d'entonnoir, augmentant le risque d'inondation en Gironde et Charente-Maritime en ce février 2026.
Cette configuration réveille inévitablement le rappel du drame de la tempête Xynthia en 2010. Si les conditions de vent diffèrent, la vulnérabilité des zones basses face à la montée des eaux reste une préoccupation majeure. L'alerte actuelle vise précisément à anticiper tout scénario où la mer franchirait les protections naturelles ou artificielles.
Les consignes de sécurité à respecter
Face à la montée des eaux, les préfectures concernées martèlent des règles strictes. La priorité absolue concerne la sécurité routière : il ne faut jamais s'engager sur une voie submergée, même partiellement. Quelques centimètres d'eau suffisent à emporter un véhicule sous la force du courant. Les autorités recommandent de s'éloigner des estuaires, des rivières en crue et d'éviter les promenades sur les digues ou le littoral.
Les activités nautiques sont proscrites. Il est fortement déconseillé de pratiquer la pêche à pied durant cet épisode. En cas de détresse ou si vous êtes témoin d'une urgence en mer, composez immédiatement le 196 pour joindre le Cross (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage). Pour suivre l'évolution de la situation, les habitants doivent consulter régulièrement les bulletins de Météo-France et les consignes de sécurité de la préfecture suite à l'alerte submersion relayées par les mairies.