Logement : une loi adoptée par le Sénat change tout pour les propriétaires et locataires

Publié par Matthieu Chauvin
le 10/07/2026
Sénat Devanture
Istock
Dans la nuit du 8 au 9 juillet 2026, le Sénat a voté la loi "Relance et décentralisation du logement", marquant le retour des passoires thermiques sur le marché et bouleversant les règles pour les propriétaires et locataires.

Face à une chute vertigineuse de 40 % de la construction entre 2020 et 2025, le gouvernement et la majorité sénatoriale modifient les règles du jeu en profondeur. Ce changement de paradigme répond à une crise locative sans précédent frappant de plein fouet les citoyens en recherche de domicile. Les nouvelles mesures portées par le texte examiné visent à redéfinir les obligations des bailleurs, les droits des maires et les normes écologiques pour relancer l'offre.

Un choc de simplification adopté par le Sénat pour relancer le logement

Le projet de loi "Relance et décentralisation du logement" a été validé le 8 juillet 2026 par la Haute Assemblée au moyen d'une procédure accélérée. Selon l'AFP, cette initiative législative cherche à enrayer la paralysie d'un marché immobilier complètement figé. Les parlementaires actent un virage politique majeur pour desserrer les contraintes administratives pesant sur le secteur de la construction et de la location.

"À la vague d'interdictions, je préfère une vague de rénovations", a justifié le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun lors des débats au Sénat. Les pouvoirs publics entendent ainsi proposer des solutions rapides face au manque criant de toits disponibles, tout en maintenant les ambitions climatiques à long terme. La stratégie repose sur la confiance accordée aux acteurs du terrain plutôt que sur la contrainte immédiate.

Rénovation thermique et pouvoir local redéfinissent le marché

L'article 6 du texte acte un retour remarqué en autorisant de nouveau la mise en location des logements classés F et G, selon Koliving. Pour bénéficier de cette souplesse, les bailleurs doivent s'engager formellement à réaliser des chantiers sous trois ans pour une maison individuelle, et cinq ans pour un appartement en copropriété. Cette mesure suspend temporairement les interdictions qui frappaient les étiquettes G depuis 2025.

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Parallèlement, l'amendement n°21 rectifié bis réduit considérablement le pouvoir des Architectes des bâtiments de France (ABF). Leur avis passe d'un statut contraignant à un simple avis consultatif pour poser des panneaux solaires ou des volets en zone protégée. L'idée est de lever les freins patrimoniaux entravant l'adaptation des bâtiments au réchauffement climatique.

Enfin, l'article 10 octroie aux maires un droit de veto discrétionnaire sur l'attribution des habitations à loyer modéré, indique la Banque des Territoires. "On ne fait pas la transition écologique en se bornant à retirer des logements du marché ; on ne réussit rien dans la durée si on décide trop loin des maires", a précisé Vincent Jeanbrun. Les élus pourront écarter un profil pour prévenir des troubles à l'ordre public ou encourager la mixité sociale au sein de leur commune.

Conséquences directes sur le quotidien des propriétaires et locataires

Dès la rentrée 2026, les bailleurs d'une passoire énergétique pourront remettre leur bien sur le marché locatif à condition de signer un contrat avec une entreprise RGE. Près de 700 000 logements classés F ou G pourraient ainsi réintégrer l'offre nationale, d'après l'étude d'impact ministérielle. Des vérifications strictes s'appliqueront néanmoins d'ici 2030 pour garantir l'exécution réelle des chantiers promis sous peine de sanctions.

Les personnes en recherche d'habitation accéderont à davantage de propositions, avec le désagrément potentiel de subir des interventions lourdes pendant leur occupation des lieux. Le dispositif intègre également le critère inédit de "confort d'été" pour lutter contre le phénomène des bouilloires thermiques lors des canicules, rapporte Parlons Politique. Ce point devient un élément définissant la décence d'un bien.

Pour les résidents des centres-villes historiques, les démarches d'isolation par l'extérieur ou d'installation de fenêtres spécifiques seront largement simplifiées. L'administration ne bloquera plus par principe un projet s'il améliore l'efficacité énergétique sans dénaturer gravement l'architecture. Le texte partira à l'Assemblée nationale en septembre pour une entrée en vigueur espérée avant le 1er janvier 2027. Les copropriétaires pourront également équiper leurs résidences de pompes à chaleur avec moins de blocages administratifs.

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