Le gouvernement retourne sa veste pour que les "passoires thermiques" puissent être louées !
Cette réforme inattendue tombe à point nommé pour de nombreux investisseurs bloqués par la législation actuelle. Alors que le marché immobilier traverse une zone de fortes turbulences, l'exécutif ajuste sa stratégie énergétique pour éviter une crise de l'offre encore plus sévère. Cette évolution législative promet de modifier radicalement les stratégies patrimoniales des particuliers.
Un projet de loi pour relancer le marché immobilier et aider les bailleurs
Le 23 avril 2026, à Marseille, le Premier ministre Sébastien Lecornu et le ministre du Logement Vincent Jeanbrun ont dévoilé leur nouvelle stratégie, rapporte TV5 Monde. "L’enjeu ne peut pas attendre", a martelé le chef du gouvernement face à l'urgence de la situation. Cette initiative vise à enrayer la baisse préoccupante de 15 % de l'offre locative recensée ces dernières années. Cette raréfaction prive de très nombreux locataires d'un accès au logement.
Selon Le Parisien, l'exécutif espère débloquer ce marché saturé en réautorisant la mise en location de biens considérés comme "indécents" sur le plan énergétique. L'ambition assumée est de préserver ou de réintégrer entre 700 000 et 1,5 million de maisons ou appartements dans le circuit. "Le logement le plus rapide à produire, c’est celui qui est déjà construit", a souligné Vincent Jeanbrun pour justifier ce virage politique inattendu.
Un sursis conditionnel de plusieurs années pour améliorer l'étiquette énergie
Le texte, reprenant une proposition adoptée de la sénatrice Amel Gacquerre, introduit une suspension temporelle de l'interdiction de louer. Ce répit s'étalera sur 3 ans pour les maisons individuelles et 5 ans pour les appartements en copropriété, détaille Le Parisien. Pour en profiter, le propriétaire doit obligatoirement fournir un "engagement de travaux", matérialisé par un devis signé, afin d'extraire son bien des classes F ou G.
L'application du DPE a d'ailleurs déjà connu un aménagement technique au 1er janvier 2026 avec la révision du coefficient de conversion de l'électricité, passé de 2,3 à 1,9. Cette modification a automatiquement extirpé 850 000 logements du statut de passoire thermique, selon les chiffres du ministère de l'Économie. L'Ademe assurera les contrôles de ces futurs chantiers de rénovation.
Tout manquement à l'amélioration promise entraînera des sanctions financières importantes. Comme l'analyse Manuel Domergue de la Fondation Abbé Pierre, cité par l'AFP : "Le but n’est pas de sortir des logements du parc locatif, mais de forcer les propriétaires à lancer des travaux."
Une nouvelle fiscalité avantageuse pour la rentabilité des investisseurs
Sur le front financier, le nouveau dispositif "Jeanbrun" vient remplacer définitivement l'ancien système Pinel. Ce mécanisme inédit autorise le bailleur privé à déduire ses chantiers de rénovation de ses revenus fonciers, à condition qu'ils pèsent pour 20 % du prix d'achat du bien, contre 30 % auparavant, explique Le Parisien. Les ménages désireux de se constituer un patrimoine immobilier pourront ainsi alléger leur feuille d'imposition.
Cet assouplissement offre un bénéfice financier direct : les propriétaires continueront de percevoir leurs loyers durant la période de suspension, ce qui aidera à auto-financer une bonne part des matériaux et de la main-d'œuvre. Pour les investisseurs, cette conjoncture constitue une véritable aubaine financière. Acquérir des appartements fortement décotés, souvent vendus 15 à 20 % moins chers lorsqu'ils affichent une étiquette G, devient très attractif grâce à ce calendrier assoupli et à ces aides fiscales ciblées.
- Vieillir à domicile : combien devez-vous prévoir pour être à l’aise après 65 ans ?
- Ce dispositif aide au maintien à domicile et vous fait gagner de l'argent
- Aide-ménagère des personnes âgées : comment obtenir une aide ?
- Maintien à domicile ou Ehpad : quelle est la solution la moins chère pour bien vieillir en France ?