Le mouvement a pris une ampleur inédite, qui pourrait même inquiéter le chef de l'Etat. Mais que peuvent vraiment les "gilets jaunes" contre Emmanuel Macron ?
AFP

Emmanuel Macron menacé par les "gilets jaunes" : ces chiffres qui pourraient l’angoisser

Le 17 novembre dernier, les "gilets jaunes" se réunissaient pour la première fois, déclamant leur colère à l’aide de blocages ou d’opérations "péages gratuits", partout en France. Ils n’ont eu de cesse, depuis, de se faire entendre par l’exécutif – ce qu’ils n’auraient pas su faire jusqu’à présent, de l’aveu de certains d’entre eux. Pourtant, il est indéniable que le mouvement a pris auprès de tout un pan de la population.

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En effet, d’après Le Monde, le mouvement était soutenu par 51% des Français le 7 novembre (sondage IFOP). Et si le 21 ils n’étaient plus que 42%, c’est en grande partie dû aux professions intermédiaires, intellectuelles ainsi qu’aux cadres qui se sont considérablement désolidarisés des "gilets jaunes", en qui les ouvriers se reconnaissent encore majoritairement (61%). C’est vrai aussi pour les employés qui sont 56% à partager cet avis et les ruraux (57%).

Par ailleurs, l’écrasante majorité des Français sont d’accords sur un élément : ils sont 76% à juger "insuffisantes" les mesures annoncées par le président de la République pour calmer la grogne, selon un sondage OpinionWay pour LCI.

"Plus que les gilets jaunes en eux-mêmes, c’est l’opinion publique qui représente une vraie menace pour Emmanuel Macron", estime pour sa part Christophe Bouillaud, politologue et professeur de science politique à l’IEP Grenoble. "L’opinion publique se retourne actuellement contre lui et d’ici quelques mois il ne pourra plus rien y faire. Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, le chef de l’Etat va continuer à chuter, sauf à réinventer sa politique économique et sociale qui n’est visiblement pas acceptée par les Français", poursuit-il.

Actuellement, le président de la République ne recueille que 26% d’opinions favorables, soit moins que François Hollande à la même époque de son quinquennat (29%) ou Nicolas Sarkozy (48%), selon le sondage BVA pour RTL, repris par Le Télégramme.

A cette descente rapide et très marquée, l’enseignant oppose une réponse simple : "Contrairement à François Hollande ou Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron n’est pas le président d’un camp. Pour ses prédécesseurs, c’était un avantage : même avec une faible popularité, les électeurs socialistes ou de droite continuaient à les percevoir comme leur président. Ce n’est pas le cas aujourd’hui et c’est en partie pour cela que sa base fond comme neige au soleil."

Vidéo : Des arnaqueurs se font passer pour des Gilets jaunes

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