Pension de réversion : plafonds, montants et règles à connaître pour ne rien perdre en 2026

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 20/01/2026
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En 2026, les plafonds de ressources de la pension de réversion évoluent.
Les plafonds de ressources et les montants de la pension de réversion évoluent en 2026, après la revalorisation du Smic. Personne seule, vie en couple, montant minimum, plafond mensuel… Voici les chiffres à retenir et les règles qui peuvent faire varier votre versement, parfois à la baisse.

La pension de réversion, c’est souvent ce qui permet au conjoint survivant de “tenir” financièrement après un décès. Et pour cause : il ne s’agit pas d’un petit bonus, mais d’une partie de la retraite du défunt qui peut compléter (ou sauver) un budget. Le problème, c’est que ce droit reste compliqué à décrypter.

D’un côté, les règles sont strictes. De l’autre, elles bougent régulièrement, notamment parce que certains plafonds sont recalculés avec le Smic. Résultat : d’une année sur l’autre, on peut se retrouver avec un montant différent… sans avoir l’impression que sa situation a changé.

Pour 2026, mieux vaut donc vérifier les nouveaux seuils, car tout se joue sur quelques chiffres clés.

Plafonds 2026 : le seuil à ne pas franchir si vous voulez garder votre réversion

Dans le régime général, la pension de réversion n’est pas versée “quoi qu’il arrive”. Elle dépend d’une condition de ressources. Concrètement, la caisse regarde ce que vous touchez (pensions personnelles, revenus éventuels, etc.) et applique un plafond. Si vos ressources dépassent ce plafond, la pension de réversion peut être réduite. 

Ce n’est pas forcément une suppression immédiate dès le premier euro de trop, mais l’effet peut être net : le versement diminue, parfois fortement, et il peut même finir à zéro si le dépassement est important. Pour 2026, le plafond annuel est fixé à 25 001,60 euros pour une personne seule. C’est le chiffre à retenir. Si vous êtes juste au-dessus, vous risquez de voir votre pension recalculée. 

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Et si vous êtes bien au-dessus, il est possible de ne plus rien toucher du régime général. C’est précisément pour ça que beaucoup de retraités surveillent leurs revenus de près : une hausse de pension, une petite activité reprise, ou même certains revenus du patrimoine peuvent suffire à faire basculer le dossier.

Montants 2026 : combien allez-vous toucher (minimum, maximum, calcul)

Une fois qu’on est sous le plafond, reste la question la plus concrète : combien arrive réellement sur le compte chaque mois ? Dans le régime général, la pension de réversion correspond en principe à 54 % de la retraite que percevait (ou aurait perçue) le conjoint décédé. Mais ce calcul est encadré. 

En 2026, le montant maximum est maintenu à 1 081,35 euros par mois, soit près de 13 000 euros par an. Cela veut dire que même si votre conjoint avait une très bonne retraite, vous ne pourrez pas dépasser ce plafond pour la part du régime général. À l’inverse, quand la retraite du défunt était faible, il existe un minimum. Pour 2026, le montant minimum est revalorisé à 334,92 euros par mois, soit 4 019,13 euros par an

Attention : ce chiffre est important, mais il ne faut pas le lire comme une garantie automatique. Beaucoup de veufs et veuves pensent qu’ils toucheront forcément ce minimum. Or ce n’est pas toujours le cas, car un autre critère entre en jeu : la durée de cotisation du défunt.

La règle des 60 trimestres : pourquoi certaines réversions sont plus faibles que prévu

C’est un point qui surprend souvent au moment du calcul. Pour bénéficier du minimum de pension de réversion dans son intégralité, le conjoint décédé devait avoir suffisamment cotisé. La règle est simple : il faut au moins 15 ans d’assurance, soit 60 trimestres

Si le défunt a cotisé moins longtemps, le minimum est réduit au prorata. En clair : oui, il existe un minimum revalorisé à 334,92 euros en 2026… mais si la carrière du défunt est courte ou incomplète, ce minimum peut être raboté. C’est notamment le cas lorsque le conjoint a travaillé peu de temps, a eu une carrière très interrompue, ou a cotisé partiellement (par exemple en alternant périodes de travail et longues périodes sans cotisation).

Pour les familles concernées, la différence peut être réelle : on s’attend à un plancher “protecteur”, et on se retrouve avec un montant inférieur. C’est aussi pour cette raison qu’il est utile de consulter le relevé de carrière du défunt si vous l’avez, ou de demander des explications à la caisse en cas de montant jugé trop bas.

Vie en couple : plafond plus élevé, mais revenus du foyer pris en compte

Dernier point à ne surtout pas négliger : votre situation familiale actuelle. Si vous vivez en couple, le plafond de ressources augmente. En 2026, il passe à 40 002,56 euros par an. À première vue, cela semble plus confortable. 

Mais il y a une contrepartie : dans ce cas, l’administration ne regarde plus uniquement vos revenus à vous. Elle peut prendre en compte les ressources du foyer, y compris celles du nouveau conjoint ou compagnon, ainsi que certains revenus du patrimoine. Et c’est souvent là que ça coince. Une personne peut être sous le plafond en vivant seule… puis le dépasser en se remettant en couple, simplement parce que les revenus s’additionnent. C’est une réalité qu’il faut avoir en tête avant de changer de situation (emménagement, Pacs, mariage).

À noter aussi : la pension de réversion de la retraite complémentaire Agirc-Arrco n’est pas soumise à une condition de ressources, ce qui peut permettre de conserver une partie de la réversion même si celle du régime général baisse. 

En revanche, cela ne veut pas dire qu’il n’y a aucune règle : selon les cas, d’autres conditions existent, et il faut bien vérifier votre situation auprès des caisses. Le bon réflexe, avant 2026, est donc simple : retenir les chiffres, surveiller ses ressources, et anticiper tout changement qui pourrait modifier le calcul. Sur la pension de réversion, quelques détails suffisent parfois à faire varier le montant… et mieux vaut les connaître avant de le découvrir sur son relevé.

Si vous êtes proche du plafond, ne laissez rien au hasard. Une petite hausse de pension, un revenu exceptionnel ou un changement de vie peut suffire à faire bouger le montant. Le mieux est de vérifier vos ressources dès maintenant, et de conserver vos justificatifs (pensions, revenus, avis d’imposition) : c’est souvent ce qui permet d’éviter les mauvaises surprises… ou de récupérer ce qui vous est dû.

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