Mort du petit Émile : l’avocat de sa grand-mère demande de nouvelles investigations

Publié par Suruthi Srikumar
le 02/02/2026
Mort du petit Émile : l’avocat de sa grand-mère demande de nouvelles investigations
Istock
Les conseils des grands-parents d’Émile ont formulé, chacun de leur côté, plusieurs « demandes concrètes » aux juges d’instruction en charge de l’enquête, concernant notamment de nouvelles auditions de témoins et l’exploitation des données téléphoniques. Invité sur BFMTV, Me Julien Pinelli n’a pas exclu la réalisation de prélèvements ADN parmi les habitants du Haut-Vernet.

Ce dossier reste une énigme judiciaire absolue. Alors que l'instruction sur la mort du garçon de deux ans et demi se poursuit dans le plus grand secret, la famille a décidé d'accélérer le mouvement judiciaire. Une demande d'investigations complémentaires a été formalisée pour explorer des zones d'ombre qui persistent malgré les mois d'enquête. Cette démarche marque une rupture avec la discrétion habituelle du clan et vise à vérifier des pistes jugées incomplètes par les proches de la victime.

Une volonté de relancer les investigations

C'est une étape importante dans la procédure. Me Julien Pinelli, l'avocat de la grand-mère du petit garçon, a remis un dossier dense de « plus d’une centaine de pages » aux deux juges d'instruction du pôle criminel d’Aix-en-Provence. Si la requérante officielle est la grand-mère, cette initiative est portée par l'ensemble du clan. Comme l'a précisé le conseil, « toute la famille du garçon s'y associe » dans une démarche unitaire pour comprendre la raison du dépôt des actes complémentaires.

L'intention affichée n'est pas de remettre en cause le travail des gendarmes. L'avocat insiste sur le fait qu'il ne s'agit ni de « critiquer le travail admirable des enquêteurs » ni de lancer une « contre-enquête » parallèle. L'ambition est strictement de « contribuer à la recherche de la vérité ». Me Pinelli souligne que « la partie civile ne peut demeurer un témoin passif d'une procédure qui engage la vie de sa famille ». Ces nouvelles demandes visent à éclaircir les circonstances du drame via des actes précis qui, « à ce jour, n'ont pas été conduits ».

De nouvelles fouilles et analyses ADN réclamées

Le contenu des requêtes cible plusieurs axes techniques et géographiques. L'avocat sollicite « notamment » que des secteurs spécifiques autour du hameau soient passés au peigne fin. Ces nouvelles fouilles hameau du Haut-Vernet sont le fruit d'observations directes. En novembre 2025, la partie civile s'était rendue sur place pour effectuer « certains relevés techniques » et des observations, identifiant des sites jugés pertinents pour la suite de l'enquête.

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Outre le terrain, le volet technique est central. Me Pinelli estime que « certains témoignages mériteraient quelques compléments » et demande que les expertises de téléphonie soient réexaminées en profondeur pour déceler d'éventuelles incohérences. Plus marquant encore, l'avocat a évoqué sur BFMTV « la possibilité d'effectuer des prélèvements ADN sur les habitants du Haut-Vernet ». Pour Me Pinelli, cette mesure, bien que contraignante, apparaît nécessaire : « C'est quelque chose qui me semble opportun au regard des investigations qui ont été conduites ».

Une instruction judiciaire toujours active

Cette offensive procédurale intervient dans un contexte lourd et complexe. Pour rappel, l'enfant avait disparu le 8 juillet 2023 sans laisser de trace. Ses ossements n'ont été retrouvés que le 30 mars 2024, à environ 1,7 km du hameau, dans une zone escarpée. Le procureur avait alors souligné un « traumatisme facial violent », accréditant la thèse de « la probable intervention d'un tiers ». Pourtant, le scénario exact de la mort échappe encore à la justice.

À ce stade, aucune mise en examen n’a été prononcée. La piste intra-familiale reste une hypothèse de travail parmi d'autres pour les magistrats. Les grands-parents avaient d'ailleurs été placés en garde à vue en mars 2025 pour homicide volontaire et recel de cadavre, avant d'être relâchés sans poursuites immédiates. 

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