Alerte Enlèvement : le nourrisson hors de danger, inquiétude maximale pour Nael et Éline

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 22/02/2026
police
Istock
Soulagement en demi-teinte ce week-end : si la petite Dalia a été sécurisée à Lille, la traque se poursuit pour retrouver Nael et Éline, toujours aux mains de leurs parents en fuite.

Soulagement en demi-teinte ce week-end : si la petite Dalia a été sécurisée à Lille, la traque se poursuit pour retrouver Nael et Éline, toujours aux mains de leurs parents en fuite.

Depuis le déclenchement du plan Alerte Enlèvement ce samedi matin, la France entière scrutait les avis de recherche diffusés sur tous les écrans. Si l'angoisse est retombée concernant le sort du nourrisson de six semaines, la situation reste extrêmement tendue pour les deux autres enfants de la fratrie. Les autorités concentrent désormais leurs efforts sur une course contre la montre pour localiser les parents avant qu'ils ne franchissent une frontière.

Un dénouement salvateur à Lille

L'espoir a changé de camp ce samedi 21 février à 16h05. La petite Dalia, dont le pronostic était engagé faute de soins, a été retrouvée vivante dans le hall de l’hôpital Saint-Vincent de Paul de Lille. Selon le procureur de la République de Bobigny, Éric Mathais, le bébé a été déposé par « une femme non identifiée au visage dissimulé par un voile et un masque chirurgical ». Cette dernière a quitté les lieux immédiatement, laissant l'enfant aux mains du personnel soignant.

L'état de santé du nourrisson suscitait les plus vives inquiétudes. Prématurée et souffrant d'une cardiopathie, Dalia nécessitait une prise en charge médicale sous 48 heures. Ce délai critique étant respecté, sa vie n'est plus menacée. Conséquence immédiate de cette découverte : le dispositif Alerte Enlèvement a été levé pour le bébé. Toutefois, les messages de recherche continuent de saturer les réseaux sociaux et les médias pour retrouver le reste de la famille.

Une fuite pour éviter les services sociaux

Cette disparition inquiétante trouve son origine dans une décision de justice. Les trois enfants faisaient l’objet d’une ordonnance de placement provisoire (OPP) à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) depuis le mercredi 18 février. Cette mesure de protection avait été décidée suite à un signalement hospitalier alarmant. Le communiqué du parquet de Bobigny évoque sans détour « un hébergement précaire, d’une consommation de stupéfiants par les parents et d’une négligence des besoins essentiels des enfants ».

Vous avez aimé cet article ?

Le profil des parents, Abdelkader Benabderrahmane (24 ans) et Chaima Hattab (20 ans), est au cœur des investigations. Refusant la séparation ordonnée par la justice, le couple s'est violemment opposé aux éducateurs avant de prendre la fuite avec la fratrie le jeudi 19 février. Ce passage à l'acte impulsif a transformé une mesure de protection sociale en une affaire criminelle d'envergure.

La menace d'un départ à l'étranger

Si Dalia est en sécurité, le sort de Nael, 18 mois, et d'Éline, 2 ans et demi, demeure incertain. Bien que leur état de santé ne présente pas la même urgence médicale que leur petite sœur, leur sécurité reste la priorité absolue des enquêteurs. Ils sont toujours sous la coupe de parents décrits comme instables et toxicomanes.

La localisation du bébé à Lille, carrefour vers le Benelux, confirme les craintes des autorités. Le Ministère de la Justice redoute que le couple ne tente de « quitter le territoire national ». La proximité avec la Belgique et les Pays-Bas complexifie les recherches et nécessite une coopération policière accrue. Parallèlement, l'étau judiciaire se resserre : deux membres de la famille ont été placés en garde à vue ce samedi, soupçonnés d’avoir apporté une logistique à cette cavale. Une enquête pour « enlèvement de mineur de 15 ans en bande organisée » est ouverte, laissant présager de lourdes conséquences pénales pour les fugitifs.

Des interrogations sur le calendrier

L'affaire soulève plusieurs questions sur la réactivité du dispositif. L'enlèvement factuel ayant eu lieu jeudi, l'opinion publique s'interroge sur le déclenchement de l'Alerte Enlèvement seulement samedi matin. Ce délai s'explique souvent par la nécessité de réunir des critères précis (vie en danger, localisation inconnue) avant d'activer ce plan massif, utilisé plus de 30 fois depuis 2006. Désormais, l'enjeu est de savoir si la coopération internationale permettra d'intercepter les parents avant qu'ils ne disparaissent des radars européens.

Google News Voir les commentaires