INTERVIEW. La taxation de l'épargne des ménages a été "clairement et définitivement" écartée par Bruno Le Maire, ce lundi 1er mars. Toutefois, des réflexions sont en cours à Bercy pour encourager les Français à dépenser. Quelles sont-elles ? Le point avec un expert de l'épargne.
Epargne : pas de taxation mais des "incitations" à dépenserIllustrationIstock

Taxation de l'épargne, coup de pouce à la demande, baisse de la fiscalité… Depuis plusieurs mois, le gouvernement cherche des solutions pour inciter les Français à dépenser la "surépargne" accumulée depuis le début de la crise sanitaire. Au total, ce sont 120 milliards d’euros qui ont été épargnés en 2021 selon la Banque de France, du fait d’une consommation empêchée par les restrictions sanitaires et de la crainte de l’avenir.

La somme pourrait atteindre 200 milliards d’ici la fin 2021, d’après les prévisions du gouvernement. Pour relancer la croissance économique et éviter l’installation d’un cercle vicieux, chaque acteur a donc émis son idée. Le redémarrage de l’activité ne passera  toutefois pas par la taxation de l’épargne accumulée par les ménages les plus aisés. Cette proposition rappelle un amendement déposé par des députés socialistes l’an dernier, qui appelaient à "mobiliser la solidarité des ménages les plus aisés pour cofinancer l'effort exceptionnel de l'État" contre l'épidémie.

Ils envisageaient l’instauration d’un "prélèvement exceptionnel de solidarité" de 0,5% sur les encours d'assurance-vie supérieurs à 30 000 euros. La proposition, rejetée une première fois lors des débats parlementaires, a une nouvelle fois été écartée par le ministre de l’Économie.

Taxation de l’épargne : une idée "contre-productive" 

"J'écarte une nouvelle fois clairement et définitivement toute taxation de l'épargne des Français", a déclaré le ministre lors d'un point presse consacré au plan de relance, ce lundi 1er mars 2021.

"Dans un climat marqué par l’incertitude sanitaire et économique, jouer sur la fiscalité augmenterait le niveau de méfiance et ne résoudrait pas les problèmes auxquels nous sommes confrontés. Taxer l’épargne des ménages les plus aisés serait même contre-productif", estime dans nos colonnes Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne.

"De quelle manière aurait d’ailleurs été appliquée cette mesure controversée ? Étant donné que l’objectif est de réorienter l'argent placé, seule l’épargne à court terme aurait été visée : le gouvernement aurait-il alors instauré une taxe sur le compte courant, ou à partir d’un certain montant, 50 000 ou 100 000 euros ? Les Français retireraient alors leur argent et le conserveraient sur leur matelas. Ils conserveraient donc du cash, voire épargneraient davantage pour compenser le coût de la taxe. Derrière cette mesure se cache l’idée de remettre l’ISF. C’est donc plus un débat politique et social qu’économique", analyse l’expert.

Comment le gouvernement prévoit-il alors de pousser les Français à la consommation ?

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