« Bombe à retardement » : pourquoi la chute du niveau en maths dénoncée par le patron de Safran menace la carrière de nos enfants
Dans le sillage des mauvais résultats de l'étude internationale TIMSS, cette prise de parole met en lumière les risques concrets de la réforme du baccalauréat sur la compétitivité économique du pays et l'insertion professionnelle des jeunes diplômés. Loin d'être un simple constat académique, cet avertissement d'un grand patron de l'industrie souligne une urgence nationale qui pourrait impacter directement l'avenir de votre foyer.
Une sélection différée mais brutale
Olivier Andriès ne mâche pas ses mots. Lors d'une récente intervention, le dirigeant a fustigé une politique du chiffre au détriment de la qualité, regrettant que l'objectif d'amener 80 % d'une classe d'âge au baccalauréat se fasse au prix d'un affaissement des exigences. Selon lui, "la baisse du niveau est une bombe à retardement pour la France", rapporte Le Figaro.
Pour le patron du géant aéronautique, l'illusion d'une réussite scolaire massive masque une réalité impitoyable qui attend les jeunes sur le marché du travail. Il rappelle aux parents et aux décideurs une règle immuable du monde professionnel : "la sélection se fait. Si elle ne se fait pas là, elle se fera plus tard", indique le Sénat. Cette alerte du patron de Safran sur l'éducation pointe directement la réforme de 2019, qui a rendu les mathématiques optionnelles dans le tronc commun, une décision qu'il déplore ouvertement pour ses effets dévastateurs sur la culture scientifique des élèves.
Des résultats bien en deçà de la moyenne européenne
Le constat d'Olivier Andriès s'appuie sur des données objectives et alarmantes. Les récents résultats de la France étude TIMSS 2023, publiés en décembre 2024, confirment le décrochage tricolore. Les élèves de CM1 affichent un score moyen de 484 points, bien loin de la moyenne de l'Union européenne située à 524 points.
Plus inquiétant encore pour l'élite de demain, seuls 3 % des élèves français atteignent le niveau avancé en mathématiques, contre 9 % chez nos voisins européens, précise Libération. Les inégalités se creusent également de manière spectaculaire. L'étude révèle un net recul de la mixité dans les filières scientifiques, illustré par l'inquiétant écart filles-garçons en mathématiques au collège et dès le primaire, où les garçons devancent les filles de 23 points en CM1.
Votre épargne et l'emploi menacés à long terme
Au-delà des bulletins scolaires, c'est toute l'économie qui risque de pâtir de ces lacunes. Le Conseil d'Analyse Économique (CAE) estime qu'un redressement du niveau permettrait de gagner 0,2 point de PIB par an. À l'inverse, l'actuelle trajectoire affaiblit la compétitivité française face au manque d'ingénieurs et de techniciens qualifiés, des profils pourtant indispensables à des groupes stratégiques comme Safran.
Pour les familles, les conséquences de la baisse du niveau en mathématiques sont pragmatiques : l'accès aux filières d'excellence et aux métiers les mieux rémunérés devient plus ardu. L'impact de l'optionnalité des maths sur l'emploi se fait déjà sentir, réduisant le vivier de talents capables de répondre aux défis technologiques de demain. Si l'école ne transmet plus ces savoirs fondamentaux, les opportunités de carrière pour la jeune génération risquent de se restreindre drastiquement.